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Femme juive poignardée à Lyon: l'enquête classée sans suite

BFM Lyon Alixan Lavorel avec Lucie Nolorgues
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Une femme de confession juive avait affirmé avoir été poignardée de deux coups de couteau le 4 novembre dernier à son domicile dans le 3e arrondissement de Lyon. Une croix gammée avait été découverte sur sa porte.

L'affaire classée sans suite par la justice. Cinq mois après le signalement d'une femme de confession juive, disant avoir été poignardée chez elle dans le 3e arrondissement lyonnais, le parquet de Lyon confirme ce jeudi 4 avril auprès de BFM Lyon avoir procédé au classement sans suite de l'enquête, confirmant une information de nos confrères de France Inter.

"Le parquet de Lyon a procédé au classement sans suite de cette procédure. Les investigations diligentées n’ont pas permis d’identifier le ou les auteurs de ces faits", précise l'institution judiciaire.

Une croix gammée sur la porte de la victime

Selon les premiers éléments recueillis le 4 novembre dernier, une personne avait sonné au domicile de cette femme, âgée de plus de 30 ans, puis l'avait poignardée à deux reprises lorsqu'elle lui a ouvert. Une croix gammée avait été retrouvée par sa famille sur sa porte après l'attaque.

Une enquête avait été ouverte du chef de "tentative de meurtre aggravée par la circonstance que le passage à l'acte pourrait être motivé par un mobile antisémite". La victime, elle, avait déposé plainte pendant son hospitalisation. Après le témoignage, de la jeune femme, un individu vêtu de noir, au visage dissimulé sous une cagoule, avait été recherché par les enquêteurs.

Si sa famille jugeait "évident" le caractère antisémite de l'agression, trois jours après le drame, les enquêteurs avaient à l'époque évoqué trois hypothèses de travail afin d'en déterminer les circonstances exactes.

Plusieurs hypothèses étudiées

La première penche pour une agression au motif antisémite. La victime avait placé une mezouzah sur sa porte d'entrée, montrant son appartenance à la communauté juive. C'est à côté de ce petit objet de culte juif qu'une croix gammée avait par la suite été taguée.

La deuxième hypothèse de l'enquête s'intéressait quant à elle à l'ex-conjoint de la trentenaire. Une mesure d'éloignement avait déjà été prononcée à son encontre dans un contexte de divorce compliqué.

Dernière hypothèse: celle de l'automutilation. Les enquêteurs avaient demandé des expertises médico-légales pour valider ou non cette supposition, ainsi que l'analyse du couteau, retrouvé sur les lieux de l'agression, pour dévoiler le ou les ADN présents sur l'arme.

Cette dernière hypothèse avait d'ailleurs choqué la famille de la victime. D’après la mère de la jeune femme poignardée, sa fille avait vu quatre médecins à l’hôpital, mais aucun d’entre eux n’aurait mentionné une expertise médico-légale. Elle balayait également l'implication éventuelle de l'ex-conjoint de sa fille.

Réactions du Crif et du maire

Peu après, la victime présumée déclarait sur les réseaux sociaux aller "bien", alors que son pronostic vital n'a pas été engagé. La trentenaire dénonçait "un acte lâche et grave dans les faits mais sans gravité" et espérait également que la "personne soit retrouvée et qu'elle ne s'en prenne à personne d'autre".

"Un tel déferlement de violence est inqualifiable. Tout mon soutien à la victime, à ses proches", avait écrit Grégory Doucet, le maire de la ville, sur X le 4 novembre dernier.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) de la région avait condamné "fermement l'agression", tout en appelant "tant à la raison qu'à la prudence" quant à son potentiel caractère antisémite

Cette affaire était survenue moins d'un mois après l'attaque du Hamas sur Israël, le 7 octobre, qui selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, avait été suivie d'une forte hausse des actes antisémites en France.