Détenu en Iran, Benjamin Brière devant la justice: ses proches entre "inquiétude" et "espoir"

Quand il a quitté Lyon pour l'Iran, début 2020, Benjamin Brière n'imaginait certainement pas que son voyage touristique prendrait une telle tournure. Accusé d'espionnage et de propagande contre la République islamique, il végète depuis plus d'un an et demi dans une geôle de la prison de Vakilabad, à Masshad, au nord-est du pays.
Pour la première fois, le Français de 36 ans comparaîtra ce jeudi devant la justice. Il encourt la peine de mort.
"Le procès qui lui est enfin fait est à la fois une immense inquiétude quant au respect de ses droits et la sincérité du jugement à intervenir, et un espoir de voir son calvaire, et celui de sa famille, toucher à sa fin", résumait cette semaine son avocat, Me Philippe Valent, dans un communiqué.
"Une maladresse"
Et d'ajouter, au micro de BFM Lyon: "On est quand même face à une inconnue. C'est-à-dire la manière dont ce procès peut se tenir, quelles sont les règles de ce procès. Benjamin n'en a aucune idée".
Au volant de son van, Benjamin Brière avait entrepris un voyage à travers l'Iran, dont il relayait les meilleurs épisodes sur ses réseaux sociaux. Il avait été incarcéré après avoir pris des photos de zones "interdites", avec son drone, dans un parc naturel. L'intéressé a toujours nié les faits pour lesquels il comparaît ce jeudi.
Interrogée par notre antenne, sa sœur Blandine juge ces accusations "complètement aberrantes et infondées". "Il y a peut-être eu une maladresse que beaucoup de touristes pourraient faire (...) mais il n'a rien à se reprocher, assure-t-elle. Benjamin reste un touriste qui prenait des jolies photos pour son compte Instagram."
En grève de la faim depuis fin décembre
"On ne peut pas s'empêcher de se poser la question -et elle est légitime- de savoir s'il n'est pas le énième instrument de négociation des autorités iraniennes dans le cadre de leurs besoins ou de levée de sanctions qu'ils subissent depuis de nombreuses années", s'interroge Me Philippe Valent.
Pour dénoncer le traitement qui lui est infligé, Benjamin Brière a entamé, fin décembre, une grève de la faim. C'est donc "très fatigué" qu'il sera présenté au juge, selon sa sœur.
À quelques heures du début d'un procès qui regorge d'inconnues, cette dernière a décidé de lancer un nouvel appel à l'aide.
Une pétition lancée
"Je m'adresse à qui pourra bien le sortir de là, a-t-elle déclaré. Je m'adresse aux autorités iraniennes pour qu'il y ait une évolution sur son affaire, pour qu'il y ait une prise en compte du fait que ce soit un touriste qui soit tombé aux mains des autorités sur place. Je m'adresse au gouvernement français parce que je n'ai pas d'évolution, je n'ai rien en main, et que c'est les plus proches de moi pour essayer de m'apporter des éléments".
Pour appuyer son combat, Blandine Brière a lancé une pétition il y a quelques semaines. Plus de 52.000 personnes l'ont signée à ce jour.
Comme Benjamin Brière, une douzaine de détenteurs de passeports occidentaux sont actuellement enfermés en Iran. Il est cependant le seul à ne pas être binational.













