Décines-Charpieu: le groupe scolaire privé musulman Al-Kindi menacé d'une perte de ses subventions
Le hall du collège-lycée du groupe scolaire privé et musulman Al-Kindi à Décines-Charpieu (Rhône), le 29 août 2006. - MARTIN BUREAU / AFP
Le groupe scolaire privé et musulman Al-Kindi, situé à Décines-Charpieu près de Lyon, risque de perdre ses subventions, a appris BFM Lyon auprès de l'établissement. Une procédure de résiliation de ses contrats d'associations avec l'État est envisagée par la préfète du Rhône en ce début du mois de décembre.
Une réunion de la commission académique de concertation est prévue jeudi 12 décembre pour statuer sur la décision et la possible fin de son contrat d'association, nous a confirmé la préfecture.
"L'établissement va passer en commission suite à plusieurs rapports de l'inspection académique, contenant des éléments assez graves pour amener à cette réunion permettant le contradictoire", indique la préfecture qui précise que la décision "ne sera pas connue le jour même".
L'établissement, fondé en 2007, compte une école primaire, un collège et un lycée. La Fédération nationale de l'enseignement privé musulman (FNEM), dénonce "un acharnement contre les écoles privées musulmanes", alors que le groupe Al-Kindi travaille depuis des années "dans le respect des lois et des exigences de l’Éducation nationale".
À l'instar du lycée Averroès de Lille, qui a vu son contrat d'association résilié cette année, ou le collège niçois Avicenne, qui a échappé de peu à la fermeture, le groupe scolaire rhodanien est désormais visé. Une "injustice" pour la FNEM qui estime que les écoles Al-Kindi ont toujours fourni un travail rigoureux pour "répondre aux attentes académiques et institutionnelles", ce qui a placé le groupe scolaire "parmi les meilleurs établissements de Rhône-Alpes".
En 2022, le lycée Al-Kindi était en tête du classement du magazine L'Étudiant des meilleurs lycées du Rhône. Ses derniers taux de réussite au bac étaient de 100%, de même pour le collège qui affiche carton plein pour les dernières épreuves du brevet.
Une réunion prévue le 12 décembre
La fédération dénonce des méthodes disproportionnées, mais aussi des contrôles plus intenses en comparaison avec d'autres groupes scolaires privés non-musulmans. "Ces décisions portent atteinte au principe fondamental d’égalité de traitement et réduisent injustement la liberté d’enseignement, pourtant garantie par la Constitution", écrit la FNEM.
Le Conseil des mosquées du Rhône ou encore le recteur de la Grande mosquée de Lyon Kamel Kabtane se sont également inquiétés ces dernières semaines des difficultés que rencontrait Al-Kindi et demandaient d'accompagner l'établissement, rapporte la FNEM.
Aujourd'hui, le groupe scolaire Al-Kindi accueille 621 élèves répartis dans 22 classes différentes. 80% de ses classes sont sous contrat avec l'État et 20% des classes sont quant à elles hors contrat.













