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"Condescendance" et "instrumentalisation": Doucet répond à Darmanin sur la Guillotière

BFM Lyon Amaury Tremblay
Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, répond au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.

Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, répond au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. - ROMAIN LAFABREGUE / AFP

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Le maire de Lyon, Grégory Doucet, critique vivement le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, sur la situation à la Guillotière dans une lettre de cinq pages publiée ce mercredi.

Deux jours après le courrier adressé par Gérald Darmanin à Grégory Doucet, le maire de Lyon répond au ministre de l'Intérieur. Il a publié sur son compte Twitter une longue lettre de cinq pages pour revenir sur la situation dans le quartier de la Guillotière.

Une rencontre le 5 septembre

Malgré de nombreuses critiques, le maire de Lyon se dit prêt à rencontrer le ministre de l'Intérieur lors de sa venue annoncée le 5 septembre prochain pour une "réunion de travail à la maison des projets ou en mairie d'arrondissement".

Dans le même temps, dans ce courrier, Grégory Doucet dénonce la "condescendance" des propos tenus par le ministre dans sa lettre qu'il avait "préféré partager avec les médias avant de [lui] adresser", blâme le maire écologiste.

Il rappelle avoir apporté son soutien aux policiers victimes d'une violente agression sur la place Gabriel-Péri le 21 juillet avant même la visite du ministre à laquelle le maire n'avait pas pris part.

Le maire écologiste de Lyon compte aussi rétablir "des approximations voire des erreurs" émises par le ministre de l'Intérieur. "Le quartier de la Guillotière n'est pas, aujourd'hui, dans une situation de 'sous-équipement' en matière de vidéo-protection", affirme Grégory Doucet rappelant que 37 caméras sont installées aux abords de la place Gabriel-Péri et que de nouveaux équipements ont été achetés depuis le début du mandat.

Sur la police municipale, alors que Gérald Darmanin demandait à ce que les effectifs soient "considérablement renforcés", Grégory Doucet affirme que les budgets en matière de tranquillité publique ont été renforcé. 37 policiers municipaux ont été recrutés cette année à Lyon et "plus d'une soixantaine depuis le début du mandat".

"Vous n'êtes pas sans savoir les très grandes difficultés de recrutement rencontrées par les principales métropoles françaises, liées notamment aux conditions de rémunération dont le cadre est défini par les autorités nationales", critique Grégory Doucet à l'adresse du ministre de l'Intérieur en formulant des "propositions au gouvernement" pour rendre le métier plus attractif.

Autre proposition du ministre vivement rejetée par le maire de Lyon: la signature d'arrêtés anti-rassemblements que Grégory Doucet qualifie de mesure "liberticide" et qui relève d'une compétence de l'État. "Si la Ville de Lyon prenait de tels arrêtés, il est très probable que ceux-ci soient annulés dans le cadre de contentieux", affirme l'édile.

"La Ville agit sur le quartier"

"Je réaffirme donc que la Ville agit sur le quartier de la Guillotière - Gabriel Péri comme elle n'agit pas ailleurs", complète Grégory Doucet en listant les actions entreprises depuis un an par la municipalité. Ouverture d'une maison des projets, déploiement des équipages de police, aménagement urbain... Des arguments répétés à plusieurs reprises par le maire de Lyon depuis l'agression de policiers dans le quartier.

"Nous ne pouvons que condamner l'instrumentalisation qui en est faite à des fins électoralistes, sur fond de débat toujours plus nauséabond sur la sécurité et l'immigration", juge Grégory Doucet.

Le maire réaffirme "l'approche pragmatique" de son équipe municipale face aux problématiques rencontrées à Lyon. "Nous n'avons pas attendu le gouvernement pour nous saisir à bras-le-corps du sujet", souligne-t-il.