Vidéo des otages : une preuve de volonté de dialogue, disent les experts

Les otages Français sont entre les mains de Boko Haram - -
Les otages Français du Cameroun semblent être en vie. Leurs ravisseurs ont mis en ligne lundi sur le site Internet YouTube une vidéo de la famille de Français enlevée il y a une semaine dans le nord du Cameroun. Impossible pour l'instant de dater ni de situer cette vidéo. On peut y voir les sept otages français, trois adultes (le père Tanguy Moulin Fournier, la mère Albane, le frère Cyril) et les quatre enfants, de la famille. Les ravisseurs affirment avoir commis ce rapt à cause de « la guerre contre l'Islam » menée par la France. « Si vous voulez qu'on libère ces Français, relâchez rapidement toutes nos femmes que vous détenez », dit l'un des ravisseurs à l'intention du président nigérian Goodluck Jonathan. « Nous mettons en garde aussi le président du Cameroun (Paul Biya), qu'il relâche rapidement nos frères détenus dans ses prisons », ajoute-t-il.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a confirmé la revendication de ce groupe islamiste, et a indiqué que les otages étaient « probablement au Nigeria ». Paris a également dénoncé des « images terriblement choquantes », qui « démontrent une cruauté sans limites ».
« Une phase de négociation va s’ouvrir »
Pour Jean-Charles Brisard, consultant spécialiste des questions terroristes, cette vidéo annonce surtout une volonté de dialogue de la part des ravisseurs et ce n’est pas une mauvaise chose. C’est peut-être le début d’un dialogue dans l’intérêt des otages. « Il y a une preuve de vie des otages, c’est déjà beaucoup. Il y a des revendications et une phase de négociation va s’ouvrir. Des chefs de tribus, des chefs politiques ou des chefs religieux vont se manifester pour dialoguer avec ce groupe. La négociation va s’ouvrir et on peut espérer que cette première phase se fera avec la libération des enfants ».
« Tout recours à la force est en suspend pour le moment »
Laurent Combalbert est un ancien négociateur du Raid et pour lui une intervention armée n’est pas envisageable pour le moment car très risquée pour la vie des otages. « Je pense que tout recours à la force est en suspend pour le moment. Le fait qu’ils soient tous ensemble multiplie le risque. Alors c’est aussi une facilité. Pour une intervention par la force, ils sont regroupés. Mais des enfants au milieu de cette situation … et au-delà de ça, sept otages qui sont aux mains d’un groupe déterminé, ça rend l’hypothèse de l’assaut extrêmement difficile ».













