Séries d'attentats contre des chiites à Bagdad, 50 morts

Après un attentat à la voiture piégée dans le quartier d'al Mashtal à Bagdad. L'explosion de voitures piégées et un attentat suicide dans des quartiers chiites de Bagdad et au sud de la capitale irakienne ont fait au moins 50 morts mardi au dixième annive - -
par Kareem Raheem
BAGDAD (Reuters) - L'explosion de voitures piégées et un attentat suicide dans des quartiers chiites de Bagdad et au sud de la capitale irakienne ont fait au moins 50 morts mardi au dixième anniversaire de l'invasion américaine pour renverser Saddam Hussein.
Des responsables hospitaliers ont en outre fait état de 160 blessés.
Cette vague d'attentats n'a pas été revendiquée dans l'immédiat. Des rebelles sunnites liés à Al Qaïda multiplient depuis le début de l'année les attaques contre la communauté chiite, majoritaire en Irak, où les tensions confessionnelles persistent après avoir été exacerbées par l'intervention militaire des Etats-Unis en 2003.
Contesté par la minorité sunnite qui se juge désormais marginalisée, le gouvernement du chiite Nouri al Maliki a annoncé mardi le report pour une période pouvant aller jusqu'à six mois des élections régionales dans deux provinces.
Les élections régionales doivent avoir lieu le 20 avril et cette mesure concerne les provinces d'Anbar et de Ninive, où la situation en matière de sécurité ne permet pas le déroulement du scrutin, a jugé le gouvernement.
Les voitures piégées ont explosé près d'un marché bondé de Bagdad, situé non loin de la Zone verte fortifiée abritant des enceintes diplomatiques occidentales, et dans plusieurs autres quartiers de la capitale irakienne.
Un kamikaze au volant d'un camion a en outre précipité son véhicule contre un commissariat dans une localité chiite située dans la banlieue sud de Bagdad, a-t-on appris de sources policières et hospitalières.
"J'étais en train de conduire mon taxi et brusquement, j'ai senti ma voiture se faire secouer. Il y avait de la fumée partout. J'ai vu deux cadavres sur le sol. Les gens criaient et couraient dans tous les sens", a raconté Al Radi, pris dans une explosion survenue dans le vaste quartier chiite de Sadr City à Bagdad.
RÉBELLION PERSISTANTE
L'intervention militaire des Etats-Unis, appuyés par quelques alliés, a rapidement entraîné la chute de Saddam Hussein, issu de la minorité sunnite.
Malgré des accords de partage du pouvoir entre chiites, sunnites et Kurdes, l'Irak a ensuite basculé dans un cycle de violences confessionnelles qui a fait des dizaines de milliers de morts, en particulier dans la période 2006-2007.
Dix ans après l'intervention américaine, le pays reste fragilisé par une rébellion sunnite persistante et de fortes tensions politiques entre les différentes communautés.
La branche irakienne d'Al Qaïda, l'Etat islamique d'Irak, a annoncé son intention de reprendre le contrôle de territoires perdus face aux Américains, dont les troupes combattantes ont quitté le pays fin 2011. Elle a lancé une série d'attaques audacieuses depuis quelques mois, la dernière en date ayant visé jeudi le ministère de la Justice en plein coeur de Bagdad.
La stabilisation de l'Irak est rendue plus difficile par la fragilité du contexte régional. En Syrie voisine, le président Bachar al Assad, issu de la minorité alaouite, une branche du chiisme, est confronté depuis mars 2011 à un soulèvement devenu un conflit armé dans lequel les combattants rebelles sont essentiellement issus de la majorité sunnite du pays.
Des extrémistes sunnites, pour certains liés à Al Qaïda, participent aussi à l'insurrection contre Bachar al Assad.
Avec Ahmed Rasheed à Bagdad et Ali al-Rubaie à Hilla; Pierre Sérisier et Bertrand Boucey pour le service français













