Prix Nobel de la Paix 2015: qui sont les pressentis?

Pour sa gestion de la crise migratoire en Europe, la chancelière allemande Angela Merkel est la grande favorite pour le Nobel de la Paix 2015. - Patrick Hertzog - AFP
Qui succédera à Malala Yousafzai? De la crise migratoire aux efforts contre le nucléaire militaire, plusieurs pistes s'offrent pour le prix Nobel de la Paix, qui sera décerné vendredi à Oslo et pour lequel les noms d'Angela Merkel, du pape François ou de John Kerry circulent.
Seul Nobel attribué en Norvège, les autres l'étant à Stockholm, le prix de la paix est celui qui suscite le plus de pronostics, un exercice hasardeux puisque la liste des candidatures, au nombre de 273 cette année, est tenue secrète pendant 50 ans.
> Angela Merkel, grande favorite
Plusieurs experts jugent cependant que la lumière mériterait d'être projetée sur la crise migratoire qui a vu, depuis le début de l'année, plus de 630.000 personnes fuir les conflits et la misère au Proche-Orient et en Afrique pour chercher refuge en Europe, testant ainsi sa générosité.
Selon le directeur de l'Institut de recherche sur la paix d'Oslo (Prio) Kristian Berg Harpviken, le nom de la chancelière allemande s'impose sur ce dossier. "Angela Merkel est celle qui a vraiment pris le leadership moral", affirme-t-il.
Toujours dans ce contexte, le Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), déjà lauréat en 1954 et en 1981, et le prêtre catholique érythréen Mussie Zerai, qui contribue à sauver des migrants cherchant à traverser la Méditerranée, ont les faveurs de Nobeliana, collectif d'historiens spécialistes du Nobel.
> John Kerry et Javad Zarif primés?
Derrière les violences et les tragédies en Syrie et en Irak, l'année écoulée a aussi été marquée par quelques avancées retentissantes vers la paix. En Iran, les grandes puissances et le régime sont parvenus à un accord-clé en juillet, permettant d'éviter que ce pays se dote de la bombe nucléaire, moyennant une levée des sanctions à son encontre.
Aussi, le prix Nobel pourrait aller aux principaux artisans de l'accord, le chef de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue iranien Mohammad Javad Zarif, avec "peut-être" la patronne de la diplomatie européenne Federica Mogherini ou Catherine Ashton qui l'a précédée à ce poste, selon Peter Wallensteen, professeur à l'université suédoise d'Uppsala.
Le comité Nobel perpétuerait ainsi une tradition qui l'a vu récompenser les efforts contre l'usage militaire de l'atome au cours des dernières décennies.
> Le pape François, habitué des pronostics
Parmi les autres candidatures, on retrouve des habitués comme le pape François pour son engagement pour la justice sociale et l'environnement, ainsi que le médecin Denis Mukwege qui soigne les femmes violées dans l'est de la République démocratique du Congo.
Malmenée cette année de Paris à Copenhague, la liberté d'expression est aussi en lice avec le Danois Flemming Rose, qui avait publié les caricatures de Mahomet dans le journal Jyllands-Posten en 2005, le blogueur saoudien Raïf Badawi, condamné à être emprisonné et fouetté, et le lanceur d'alerte controversé Edward Snowden.













