«On entend des coups de feu un peu partout»

Situation explosive dans les rues d'Abidjan en Côte d'Ivoire, où les 12 000 ressortissants français vivent dans l'inquiétude. - -
Après les heurts violents d’hier jeudi, qui auraient fait plusieurs dizaines de morts, les 12 000 ressortissants français installés en Côte d’Ivoire oscillent entre inquiétude et lassitude. Ils témoignent sur RMC.
« On ne peut pas tenir longtemps comme ça »
Marquée par les événements de 2004, Yvonne, qui vit à Abidjan, s’est organisée. « On a des réserves de nourriture pour tenir plusieurs jours. J’entendais les "boum" assourdis, ça ne me donnait pas envie de sortir. On ne peut pas tenir longtemps comme ça. Le temps passe et les positions se raidissent, rien ne se décante, c’est stressant pour tout le monde ». Le consulat recommande aux ressortissants de ne pas bouger de chez eux. Les lycées français resteront fermés ce vendredi.
« Les rues sont désertes »
Installée avec sa famille, Joëlle vit également dans la capitale, depuis 30 ans. Elle témoigne du climat particulièrement lourd ces derniers jours. « C’est vrai que les rues sont désertes, on entend des coups de feu un peu partout. Ce que je crains le plus, c’est une montée de la violence, même s’il n’y pas ce sentiment d’insécurité vécu en 2004 [année marquée par des violences anti-français]. C’est difficile de dire ce qui va se passer ».
« Les Ivoiriens sont fatigués, ils n’ont pas envie de se battre »
Mariée à un Ivoirien, Chantal n’est « pas inquiète en tant que Française, mais pour les Ivoiriens. Je ne me sens pas menacée. On ne peut pas rester dans un statu quo comme ça, avec deux présidents et simplement des médias d’Etat qui diffusent des messages de haine, sans aucune autre information. Les Ivoiriens disent qu’ils sont fatigués, ils n’ont pas envie de se battre ».
900 militaires français se trouvent actuellement dans le pays, mais la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie a affirmé que la France n’interviendrait pas dans le conflit. Ce vendredi, les partisans d’Alassane Ouattara – vainqueur dans les urnes – ont promis de nouvelles manifestations. Hier, des heurts violents les ont opposés aux partisans de Laurent Gbagbo. Des personnes ont été tuées, d'autres blessées, mais le bilan reste encore difficile à évaluer.













