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Le président syrien de transition Ahmed al-Charaa à Damas le 4 décembre 2025

Photo par LOUAI BESHARA / AFP

"Ses ambitions sont sa seule boussole": du jihad à la Maison Blanche, la fulgurante ascension du président syrien Ahmed al-Charaa

BFM François Blanchard
Il y a an, Ahmed al-Charaa surprenait le monde entier en faisait tomber en seulement quelques jours la dictature sanguinaire de Bachar al-Assad. Devenu président "de transition", l’ancien jihadiste présente un parcours singulier, entre radicalité et pragmatisme politique.

De chef de guerre... à chef d'État. Le 8 décembre 2024, Ahmed al-Charaa renversait le régime du dictateur syrien Bachar al-Assad et mettait un terme à quatorze ans d'une guerre civile meurtrière. Quelques semaines plus tard, le leader du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTC) se faisait nommer "président de transition", inaugurant une nouvelle ère pour ce pays meurtri.

L'ancien chef rebelle, qui a troqué le turban et le treillis contre le costume-cravate, est rapidement devenu un chef d'État (presque) comme les autres. Le 10 novembre dernier, on l'a vu plaisanter avec Donald Trump sous les plafonds dorés de la Maison Blanche. Le président américain ne s'est pas gêné pour l'asperger de parfum, affichant sa complicité avec cet homme "au passé brutal".

Avant cette visite historique à Washington, la première pour un chef d'État syrien, son ministre des Affaires étrangères avait partagé en ligne une vidéo étonnante. On y voit Ahmed al-Charaa jouer au basket-ball avec le commandant des troupes américaines au Moyen-Orient, Brad Cooper, et le chef de la coalition internationale contre l'État islamique, Kevin Lambert.

Un pied de nez à l'histoire de la part de cet ancien jihadiste qui, il y a vingt ans encore, croupissait dans les geôles de l'armée américaine en Irak.

L'invasion américaine de l'Irak, le déclic

Issu de la classe moyenne éduquée, Ahmed al-Charaa est né en 1982 en Arabie saoudite. Son père Hussein, un Syrien aux convictions panarabistes de gauche, y travaillait dans l'industrie pétrolière. Le jeune Ahmed passe les sept premières années de sa vie dans le royaume avant de retourner avec sa famille habiter en Syrie dans le quartier cossu de Mazzé à Damas.

Étudiant en médecine, il délaisse rapidement les bancs de l'université pour fréquenter la mosquée locale et les cercles islamistes. "On est dans une période de grande tensions et d'indignation populaire dans la région à cause de la seconde intifada (2000) et de sa répression, puis des attentats du 11-Septembre et de la réponse américaine",explique pour BFMTV Thomas Pierret, chercheur au CNRS et spécialiste de la Syrie.

En 2003, les États-Unis envahissent l'Irak. Un déclic pour Ahmed al-Charaa, qui quitte la Syrie pour chasser l'occupant. Après avoir rejoint un groupe proche d'al-Qaïda, il est rapidement arrêté par les Américains. Incarcéré dans plusieurs prisons dont celle d'Abou Ghraib, le jeune homme tisse des liens dans la nébuleuse jihadiste. Il se rapproche notamment de l'entourage d'Abou Bakr al-Baghdadi, chef de l'État islamique d'Irak (EII), qui deviendra l'organisation terroriste État islamique (Daesh) en 2014.

Pour bénéficier d'un régime plus clément, Ahmed al-Charaa dissimule son identité de combattant étranger syrien et se fait passer pour un Irakien. Considéré comme une menace mineure, il sort de prison en 2009. Il reste un temps en Irak avant de retourner combattre en Syrie, où éclate en 2011 la révolution contre Bachar al-Assad. Parrainé par al-Baghdadi, il met en place une cellule secrète, le Front al-Nosra (Jabhat al-Nosra), pour combattre le régime dans le nord-ouest du pays.

"L'État islamique d'Irak n'est pas dans une bonne situation à ce moment-là. Il a été vaincu par les Américains et est réduit à un statut de clandestinité. Al-Baghdadi est séduit par l'idée de développer ses activités en Syrie parce qu'il y a un vide de pouvoir qui s'est créé là-bas", explique Thomas Pierret.

Ahmed Al-Charaa prend à ce moment le nom de guerre d'"Abou Mohammed al-Joulani". "Al-Joulani" faisant référence au Golan, territoire syrien occupé par Israël depuis 1967 où est né son père.

L'homme du Front al-Nosra

Lancé avec une poignée d'hommes, le Front al-Nosra attire bientôt des dizaines de combattants. "On s'interroge encore de savoir comment al-Joulani a pu convaincre tous ces gens, à une époque où il n'était rien", concède Thomas Pierret, qui évoque l'hypothèse du "magnétisme personnel" du jihadiste.

Sur le front, le groupe classé "organisation terroriste" par les Etats-Unis enchaîne les succès militaires. Jusqu'à faire de l'ombre à la maison-mère. Entre al-Joulani et l'État islamique d'Irak, les relations se tendent. "Al-Baghdadi estime qu'il lui a accordé une franchise mais qu'il en fait n'importe quoi. Notamment en adoptant une ligne idéologique trop inclusive", explique Thomas Pierret.

Al-Joulani refuse par exemple de s'en prendre à certaines factions islamistes rivales ou de cibler les minorités religieuses. S'il pratique l'attentat à la bombe, "il vise principalement des cibles stratégiques. Des civils ont pu être touchés mais c'est rarement l'intention première, contrairement à ce que pratique l'État islamique", indique à BFMTV Jérôme Drevon, spécialisme du jihadisme au sein de l'ONG Crisis Group.

"Al-Baghdadi a dépêché des chefs qui lui étaient directement liés. Ces chefs ont tenté de modifier certains points sur lesquels nous nous étions entendus. Ils cherchaient à intensifier la guerre sectaire", relate lui-même al-Jalouni dans une rare interview donnée en 2021 à la chaîne américaine PBS.

Bien que jihadiste, le chef du Front al-Nosra marque donc sa différence. "Al-Joulani ne voulait pas que la Syrie soit déchirée par les guerres confessionnelles comme en Irak. Il voyait que ce radicalisme exacerbé, en fait, ne menait à rien. Il croyait encore que le jihad comme combat contre l'occupation était quelque chose qui faisait partie de l'islam, mais il prônait une autre vision", analyse Jérôme Drevon.

D'alliances en trahisons

En 2013, Abou Bakr al-Baghdadi révèle ses liens avec le Front al-Nosra et annonce l'intégrer à sa propre organisation pour créer un large État islamique en Irak et au Levant (EIIL). Mais Abou Mohammed al-Joulani refuse de rentrer dans le rang, et acte la rupture. Il prête alors allégeance à un autre chef jihadiste, le leader d'Al-Qaida Ayman Al-Zawahiri.

"Il nous fallait une figure emblématique, porteuse de symbolisme" pour "influencer la base", explique-t-il à PBS en 2021. "À ce stade, al-Joulani n'est pas reconnu de grand monde à part de ses hommes. Il a besoin d'une légitimation par une figure reconnue du jihadisme, ce qu'il n'est pas à ce moment-là", traduit Thomas Pierret. La rupture déclenche une luttre fratricide entre l'État islamique et Al-Qaïda, qui dure encore à ce jour.

Le chef du Front al-Nosra Abou Mohammed al-Joulani lors de sa première apparition publique, en 2016
Le chef du Front al-Nosra Abou Mohammed al-Joulani lors de sa première apparition publique, en 2016 © Photo par HO / ORIENT NEWS / AFP

Mais l'alliance va, une nouvelle fois, ne pas faire long feu. En 2016, al-Joulani rompt avec al-Zawahiri pour voler de ses propres ailes. À cette époque, "la campagne contre l'État islamique bat son plein. Al-Joulani se dit que s'il reste affilié à Al-Qaïda, il sera le prochain sur la liste", contextualise Thomas Pierret.

Un geste opportuniste? Selon le chercheur spécialiste de la Syrie, "al-Joulani n'a jamais eu une vision idéologique très structurée". "Sa vraie boussole, ce sont ses ambitions politiques personnelles, dont il a toujours pensé qu'elles devraient se réaliser en Syrie. C'est ce qui lui a permis de changer de direction aussi souvent dans sa carrière", estime-t-il.

Avis de recherche

En quittant l'État islamique puis Al-Qaïda, al-Joulani tourne définitivement le dos au jihad global qui se caractérise en Occident par des attentats meurtriers. Le chef rebelle se concentre sur la Syrie et son seul véritable ennemi: Bachar al-Assad.

En 2017, il rejoint la coalition de combattants islamistes Hayat Tahrir al-Cham (HTC), dont il prend la tête. Toujours dans le viseur des Américain, al-Joulani fait l'objet la même année d'un avis de recherche. Une récompense de 10 millions de dollars est offerte pour toute information permettant de le localiser.

"Sous la direction d'al-Joulani, le Front al-Nosra a perpétré de nombreux attentats terroristes à travers la Syrie, ciblant souvent des civils", indique sa fiche (depuis archivée) sur le site du département d'Etat américain.

Le chef jihadiste ne sera, en réalité, jamais inquiété. Selon des responsables syriens et des diplomates occidentaux cités par le New York Times, al-Joulani a au contraire discrètement coopéré avec l'armée américaine pour frapper Al-Qaïda dans les zones sous son contrôle.

Idlib, premier exercice du pouvoir

Sous sa direction, le groupe HTC développe une forme d’administration locale dans la province d’Idlib, où se réfugient de nombreux rebelles après leur défaite à Alep en 2016. S'il se distingue nettement du totalitarisme violent de l'État islamique, Al-Joulani impose une gouvernance dure, marquée par une répression des opposants et des arrestations arbitraires selon Human Rights Watch. Mais au fil du temps, son régime s'assouplit.

Journaliste spécialiste des mouvements jihadistes, Wassim Nasr a visité la région d'Idlib en mai 2023. "J’ai vu une ville où la vie était plutôt normale, où les élèves allaient à l’école, les femmes à l’université, et des hommes fumaient. On entendait de la musique", décrit-il sur France Culture.

Ahmad al-Chareh, alors chef de HTC, donne une conférence de presse à Idlib le 3 août 2019
Ahmad al-Chareh, alors chef de HTC, donne une conférence de presse à Idlib le 3 août 2019 © HAYAT TAHRIR AL-SHAM / AFP

Dans cette région très conservatrice, toutes les femmes portent le voile. "Mais il n'y avait pas de police islamique pour imposer une tenue ou une autre", rapporte le journaliste de France 24. "Quand il entreprend des choses comme ça, ça lui coûte beaucoup en interne" car il "s'oppose aux fondements mêmes du rigorisme jihadiste", précise-t-il.

Al-Joulani s'ouvre aussi progressivement à la minorité chrétienne, autorisant les églises à réouvrir. Une nouvelle preuve de pragmatisme politique, selon le chercheur Thomas Pierret. "Cette main tendue vise à la fois à améliorer l'image du groupe à l'international et à rassurer les minorités. Il sait que s'il débarque avec ses hommes à Alep et que tous les chrétiens s'enfuient, en termes d'image ce serait désastreux".

D'Idlib à Damas, une conquête éclair

Plus de dix ans après avoir pris les armes contre le régime syrien, Ahmed al-Charaa lance l'assaut final le 27 novembre 2024. Un moment stratégique, alors que le Hezbollah, allié du régime, sort d'une guerre épuisante avec Israël, et que la Russie, protecteur du clan Assad, est trop occupé en Ukraine.

D’Idlib à Alep, Hama, Homs et, enfin, Damas, les rebelles d'HTC ne rencontrent presque aucune résistance. "La Syrie était devenu un état décrépi, sans ressources, en train de s'effondrer de l'intérieur. Beaucoup de soldats ont préféré passer des deals avec HTC plutôt que de résister", explique Jérôme Devron.

Al-Joulani et ses troupes entrent dans la capitale la nuit du 7 au 8 décembre 2024, au terme de onze jours d'une offensive éclair. Bachar al-Assad a le temps de fuir le pays avec sa famille en direction de Moscou.

Le chef du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTC), Abou Mohammed al-Joulani, s'adresse à la foule dans la mosquée des Omeyyades à Damas, le 8 décembre 2024.
Le chef du groupe islamiste Hayat Tahrir al-Cham (HTC), Abou Mohammed al-Joulani, s'adresse à la foule dans la mosquée des Omeyyades à Damas, le 8 décembre 2024. © Aref TAMMAWI / AFP

Aux quatre coins du pays, la foule célèbre la fin d'un demi-siècle de dictature. La chute du régime d'Hafez el-Assad et de son fils Bachar révèle aussi au grand jour toute l'horreur de la répression. Les prisons, transformées en centre de torture et de mise à mort, sont ouvertes. Des dizaines de charniers sont découverts. Les familles partent à la recherche des 100.000 à 300.000 personnes "disparues" depuis le début de la guerre civile en 2011.

Dans la mosquée des Omeyyades, haut lieu de l’islam sunnite, al-Joulani célèbre "une victoire pour la nation islamique, pour les prisonniers, les torturés et ceux qui ont souffert de l’injustice".

Un jihadiste à la présidence

Le vainqueur d'Assad entame aussitôt sa transformation en homme d'État, abandonnant son nom de jihadiste pour reprendre celui d'Ahmed al-Charaa. Le 29 janvier, il se fait nommer président par intérim pour une période de transition "de quatre à cinq ans". Deux mois plus tard, il signe une nouvelle constitution. Le document consacre la jurisprudence islamique comme “source principale” du droit. Le texte mentionne aussi la liberté d'expression et les droits des femmes.

En octobre, des élections législatives sont organisées. Le scrutin, au suffrage indirect, est loin des standards de démocratie. 140 membres sont désignés par des comités locaux formés par la commission électorale nommée par al-Charaa, et 70 nommés par le président intérimaire en personne.

"C'est l'une des rares chose qui lui reste du jihadisme: une forme de désintérêt pour les formes de légitimation populaire", analyse Thomas Pierret, qui souligne que "le mouvement jihadiste a historiquement une vision très élitiste de l'action politique".

D'abord méfiants face à ce "terroriste" reconverti chef d'État, les dirigeants occidentaux vont rapidement lui tendre la main. Emmanuel Macron l'invite dès février à Paris. Les deux hommes se rencontrent en mai à l'Élysée.

Le président français Emmanuel Macron et le président intérimaire syrien Ahmed al-Charaa au palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 7 mai 2025.
Le président français Emmanuel Macron et le président intérimaire syrien Ahmed al-Charaa au palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 7 mai 2025. © Ludovic MARIN / AFP

Donald Trump l'adoube à la même période lors d'une visite à Riyad, "après un important lobbying de l'Arabie Saoudite, de la Turquie et du Qatar", précise Thomas Pierret.

Pour se faire accepter, il a fallu que le nouveau dirigeant syrien montre patte blanche. Notamment en intégrant son pays à la coalition contre l'État islamique et en écartant les éléments les plus radicaux de son gouvernement.

Son discours en septembre à l'ONU, le premier d’un chef d’État syrien aux Nations unies depuis 1967, met fin à cinquante ans d'isolement diplomatique de Damas. "La Syrie reprend la place qui lui revient parmi les nations du monde", proclame Ahmed al-Charaa à la tribune.

Les défis d'un pays fracturé

Si le pari diplomatique est relevé haut la main, tout reste à reconstruire à l'intérieur. Le nouveau président hérite d'un pays exsangue et fracturé après quatorze ans de guerre civile. S'il se pose en rassembleur des Syriens, son règne a débuté dans le sang.

Début mars, une violence aveugle s'est abattue contre les civils de la communauté chiite alouite, d'où est issue la famille Assad. Puis en juillet, ce sont les Druzes qui ont été pris pour cible. À chaque fois, les nouveaux services de sécurité du pays sont accusés d'avoir directement participé aux exactions. De quoi ébranler la confiance dans la capacité du président à tenir ses promesses... et ses troupes.

Des hommes armés à Soueïda lors d'affrontements entre Bédouins et Druzes le 19 juillet 2025
Des hommes armés à Soueïda lors d'affrontements entre Bédouins et Druzes le 19 juillet 2025 © Photo par OMAR HAJ KADOUR / AFP

Une fois au pouvoir, Ahmed al-Charaa a annoncé la dissolution de tous les groupes armés pour les intégrer aux nouvelles forces étatiques syriennes. On y retrouve d'anciens combattants de HTC, des membres d'autres groupes islamistes et même des jihadistes étrangers.

Selon Lars Hauch, expert de la Syrie cité par l'AFP, le ministère de la Défense du nouveau gouvernement "ne fonctionne pas comme une institution officielle centralisée". Il ressemble "davantage à une salle d'opérations dirigée par HTC" et l'intégration de factions n'a été que "de façade, la majorité d'entre elles restant loyales à leurs chefs d'origine", selon ce responsable du think tank Conflict Mediation Solution.

"Une partie des soldats sont influencés par des vues sectaires ou un désir de revanche également. Al-Charaa doit gérer avec une base qui est plus radicale que lui", avance de son côté Jérôme Drevon, du Crisis Group, pour expliquer les violences.

"Il hérite aussi d'une société où les tensions communautaires ont été exacerbées pendant la guerre civile et où il n'y a plus de culture de la résolution pacifique des conflits, car cette culture a été détruite par le régime d'Assad", ajoute-t-il.

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Pourquoi les attaques d'Israël sur la Syrie fragilisent l'autorité d'al-Sharaa et menacent l'équilibre régional
15:06

Le chef de l'État est par ailleurs loin de contrôler tout son territoire. Outre les Alaouites et les Druzes, la minorité kurde dans le nord-est du pays réclame une importante décentralisation, rejetée par Damas. L'administration kurde a accepté en mars d'intégrer ses troupes et ses institutions au pouvoir central dans un délai d'un an, mais les négociations sont actuellement dans l'impasse, et des affrontements ont éclaté.

Dernier défi de taille pour le nouveau régime, la poursuite des opérations militaires de l'armée israélienne, qui bombarde régulièrement et multiplie les incursions, disant lutter contre des groupes islamistes. Depuis la chute de Bachar al-Assad, l'armée israélienne a déployé des troupes dans la zone démilitarisée sur le plateau du Golan, qui fait tampon entre la Syrie et la zone annexée par Israël.

Ahmed al-Charaa peut-il tenir le choc? "Il reste un dirigeant assez faible pour différentes raisons, mais au final il n'y a pas vraiment d'alternative", souligne Jérôme Drevon. "Tout le monde est bien conscient que si le gouvernement devait s'effondrer, ce ne sont pas des sociaux-démocrates qui vont le remplacer, ça va juste être le chaos".