Merkel, réélue chef de la CDU, l'exhorte à défendre ses valeurs

Angela Merkel a obtenu sans problème un cinquième mandat de deux ans à la tête de l'Union chrétienne-démocrate (CDU). Lors du congrès réunissant les délégués de sa formation à Karlsruhe, la chancelière allemande les a exhortés à ne pas tenir compte des so - -
par Andreas Rinke et Thorsten Severin
KARLSRUHE, Allemagne (Reuters) - La chancelière Angela Merkel a exhorté lundi les chrétiens-démocrates, réunis en congrès à Karlsruhe, à ne pas tenir compte des sondages défavorables et à continuer de se battre pour leurs valeurs.
Six élections dans des Länder d'Allemagne auront lieu en 2011, notamment dans celui de Bade-Wurtemberg, bastion de la CDU que les chrétiens-démocrates pourraient bien perdre, au vu des derniers sondages.
Angela Merkel, qui a été réélue lundi à un cinquième mandat de deux ans à la tête de la CDU, a reconnu que les débuts de l'actuelle coalition n'avaient pas été très brillants.
"Jetons les sondages à la poubelle et battons-nous pour nos objectifs", a cependant lancé la chancelière dans un discours d'une heure et quart prononcé devant le millier de délégués chrétiens-démocrates réunis à Karlsruhe. "Nous sommes chrétiens-démocrates! Nous pouvons réussir!"
"A nous de voir si nous sommes timorés", a-t-elle dit en demandant aux délégués de ne pas oublier que "l'Allemagne s'en sort mieux actuellement que la majeure partie des autres pays. Le chômage baisse, la croissance monte, et l'on n'entend plus de critiques malveillantes".
La coalition au pouvoir est au plus bas dans les sondages, cela en dépit de la reprise économique allemande. La CDU-CSU (droite) et les Libéraux (FDP) avaient remporté les dernières législatives en septembre 2009 avec 48,4% des voix.
Désormais, les sondages ne les créditent plus que de 33 à 35% des intentions de vote, loin derrière les sociaux-démocrates et les Verts, qui, ensemble, ont 12 points de plus.
La CDU a d'ores et déjà perdu en mai le contrôle de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Land le plus peuplé du pays. La nervosité croissante des délégués chrétiens-démocrates n'a pas échappé aux dirigeants de la CDU à Berlin, mais au bout du compte, Angela Merkel a obtenu lundi un nouveau mandat à la tête du parti, avec 90,4% des voix.
CRITIQUES CONTRE SCHRÖDER SUR LA GRÈCE
Un résultat inférieur à 90% - Merkel était seule à se présenter - serait passé pour une humiliation, d'autant plus que lors du précédent congrès, en 2008 à Stuttgart, elle avait frisé les 95%.
Dans son discours, Angela Merkel s'est livrée par ailleurs à un vibrant plaidoyer en faveur de l'euro, estimant qu'il était essentiel que les membres de l'Union européenne collaborent de façon à éviter de nouvelles crises de confiance comme celle qui a touché la Grèce au printemps dernier.
"Tout se joue là: si l'euro échoue, l'Europe échouera elle aussi", a déclaré la chancelière devant les délégués, estimant que la monnaie unique européenne était le symbole d'une paix durable sur le vieux continent.
"A nous de jouer. Notre mission est de créer un nouveau repère pour une culture de stabilité en Europe", a-t-elle expliqué.
Le Premier ministre grec, George Papandréou, a accusé lundi l'Allemagne de faire courir à certains pays de la zone euro un risque de faillite en raison de sa position intransigeante sur la dette. Berlin a suggéré que les pays qui ont une dette élevée en assument le coût au cas où ils feraient défaut.
Pour George Papandréou, qui s'exprimait au cours d'une visite à Paris, "cela a créé une spirale de taux d'intérêt plus élevés pour les pays qui semblaient être dans une position difficile, comme l'Irlande ou le Portugal", et "cela pourrait pousser des économies à la faillite."
Angela Merkel s'en est pris d'autre part dans son intervention à son prédécesseur à la chancellerie, le social-démocrate Gerhard Schröder, et à son ministre des Finances Hans Eichel, en leur reprochant d'avoir permis l'entrée de la Grèce dans la zone euro. Le SPD, a-t-elle estimé, a agi là de façon irresponsable.
"En 2000, Schröder et Eichel ne pouvaient pas laisser la Grèce adhérer à l'euro assez vite et ils n'ont tenu aucun compte de l'ensemble des avertissements", a-t-elle dit. "Ce fut une décision politique. (...) Les décisions politiques sont importantes mais ceux qui ne veulent pas voir les faits sont des irresponsables", a dit la chancelière à leur endroit.
Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser













