Mali : « Nos soldats manquent de matériel et d’audace »

L'armée malienne en route pour Diabali - -
Ce mercredi, 6e jour de l'intervention militaire française au Mali. Hier mardi soir, une trentaine de véhicules blindés français ont quitté Bamako en direction du Nord, pour rejoindre la base installée par les forces tricolores à Sévaré, à près de 1 000 kilomètres de la capitale malienne. Des centaines de soldats maliens et français sont donc à l’Ouest, près de la ville de Diabali, cette ville toujours aux mains des rebelles, située à 350km au nord de la capitale. Quatre à cinq véhicules lourdement armés sont arrivés hier en fin d’après-midi. Une présence au sol qui rassure les habitants de Ségou, à 160 kilomètres. Dans cette grande ville de l’ouest, les rumeurs les plus alarmantes circulaient. Tous les occidentaux ont d’ailleurs quitté la ville.
« C’est la première fois que je vois des soldats français sur la route »
Dimem était hier à Niono, dernière ville tenue par l’armée malienne. Sur la route, il a croisé ces soldats français : « C’était de gros véhicules avec des mitrailleuses ; il y en avait au moins 7 ou 8, conduits par les troupes françaises. C’est la première fois que je vois des soldats français sur la route ; je suis vraiment soulagé, j’espère qu’avec cet appui, la ville de Diabali sera libérée, le plus vite possible ».
« On est plus que soulagés »
Céline Martelet, envoyée spéciale d’RMC au Mali, était hier mardi avec les habitants de cette zone de l’ouest, qui attendaient cette intervention terrestre : « On est plus que soulagés, témoigne Denis, un Malien qui tient un restaurant à Ségou. Je pense que dans les jours à venir, les choses vont s’améliorer encore ». Ils l’attendaient parce qu’ils le disent tous, l’armée malienne ne peut pas s’en sortir seule, même au sol : « Quand les rebelles tirent, ça fait une grosse explosion, quand l’armée malienne tire, ça fait juste comme un bruit de pétard ».
« Nos soldats ont un peu peur d’affronter les rebelles »
Cette armée malienne, nous la croisons depuis notre arrivée au Mali, et effectivement elle n’est pas lourdement équipée. Et ses soldats sont aussi montrés du doigt : « Je pense qu’ils manquent de matériel et d’un peu d’audace ; ils ont un peu peur d’affronter les rebelles ». Preuve de ces faiblesses de l’armée malienne : sur le front ouest, où nous nous trouvons, de nombreux 4x4 de militaires n’avaient tout simplement plus d’essence.













