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Le vrai visage de Sarah Palin

BFM Juliette VINCENT
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Le monde selon Trump
Porte bonheur pour certains, boulet pour d'autres... La colistière de John McCain est devenue en quelques semaines le personnage principal de la campagne présidentielle américaine. Mais qui est Sarah Palin ?

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Quand il dévoile son choix lors de la Convention nationale républicaine, John McCain crée la surprise : Sarah Palin sera sa vice-présidente (une première !) s'il remporte les élections présidentielles américaines du 4 novembre prochain. Mais qui est donc cette Sarah Palin ? Sortie de l'Alaska, état qu'elle gouverne depuis décembre 2006, cette républicaine conservatrice de 44 ans, maire de Wasilla, bourgade de quelques milliers d'habitants, est une quasi inconnue.
Pourtant, elle se retrouve très vite au centre de la campagne : plus de 37 millions de téléspectateurs (presque autant que pour Obama) suivent son discours lors de la Convention nationale républicaine, alors qu'ils n'étaient « que 24 millions » à regarder celui de Joe Biden, le colistier d'Obama. Un premier signe fort, mais qui donne aussi le coup d'envoi d'un chapelet de révélations pour le moins gênantes sur son passé et sa vie privée. Vrai qu'être la colistière d'un John McCain vieillissant, annoncé gravement malade, renforce la possibilité (ou le risque) de la voir accéder à la fonction suprême.

Un parcours atypique

Elue miss Wasilla en 1984, puis 1ère dauphine de Miss Alaska, elle décroche 3 ans plus tard, un diplôme en communication et journalisme (option sciences politiques) à l'université d'Idaho. Journaliste sportive de 1987 à 1989, elle entre au Conseil municipal de Wassila en 1992, et devient maire de cette petite ville de 7000 habitants, quatre ans après. Mariée et mère de 5 enfants, âgés de 5 mois à 18 ans, Sarah Palin est aussi une sportive confirmée : capitaine et coach de l'équipe féminine de basket-ball de son lycée à Wasilla.
McCain, L'adversaire de Barack Obama l'a semble-t-il choisie pour donner un coup de jeune à sa candidature et pour rallier les femmes démocrates déçues de ne plus pouvoir soutenir Hillary Clinton. Un pari réussi ? Pas si sûr, à première vue. Car la presse et les opposants ont vite fait de sortir des placards de Sarah Palin, des révélations croustillantes sur la candidate.

Les « casseroles » de Sarah Palin

Sa fille mineure attend un enfant

Première révélation gênante sur la colistière de McCain : sa fille aînée, Bristol, mineure (17 ans) est enceinte de 5 mois. Mais, réaffirmant sa position anti-avortement, Sarah Palin s'attire en fait avec cette annonce, le soutien des républicains, notamment les conservateurs et les chrétiens évangélistes.

Pour la sécession de l'Alaska

Dans les années 90, Sarah Palin aurait été membre du Parti pour l'indépendance de l'Alaska (AIP), affilié sur le plan national au très conservateur Parti constitutionnaliste. Un passé qui fait tache à côté de la devise de McCain, « Country first » (le pays en premier).

Abus de pouvoir ?

Sarah Palin aurait licencié abusivement le commissaire à la sécurité publique d'Alaska. Une enquête est ouverte suite à la plainte de ce dernier, qui accuse la gouverneure de l'avoir congédié parce qu'il refusait de virer un de ses subordonnés, le beau-frère de Sarah Palin, divorcé de la sœur de la colistière de McCain.

Séduira-t-elle l'électorat féminin ?

Sarah Palin se revendique des points communs avec Margaret Thatcher. « Notre femme de fer du nord mettra fin à la culture de la corruption à Washington », promet le site internet de la candidate républicaine à la Vice-présidence américaine.
Une femme forte, certes. Mais qui déplaît à certaines. Kim Gandy, présidente de NOW (National organisation of women), la principale organisation féministe américaine (500 000 adhérentes) explique : « Ces positions sont complètement en contradiction avec ce que pensent les femmes américaines. Plus les femmes en savent sur les positions de Sarah Palin, moins elles sont enthousiastes à son égard ».

McCain l'a pourtant en bonne partie choisie afin de séduire les électrices pro-Hillary Clinton. Un mauvais calcul finalement ? A voir... Le ticket McCain-Palin est rapidement remonté dans les sondages pour dépasser brièvement Obama-Biden (47% contre 45% au 15 sept) avant que la crise ne redonne l'avantage aux démocrates. Mais le candidat républicain, qui avait compté jusqu'à 15 points de retard (fin juin) pourrait donc avoir fait un choix audacieux et payant avec Sarah Palin... qui a de toutes façons relancé sa campagne. Réponse finale le 4 novembre.