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Fortes audiences pour Obama, attaqué par Romney sur l'emploi

Le discours de Barack Obama en clôture de la convention démocrate de Charlotte a été plus suivi que celui de son rival républicain, Mitt Romney. Le président américain est crédité d'un record de messages sur Twitter, d'une audience massive à la télévision

Le discours de Barack Obama en clôture de la convention démocrate de Charlotte a été plus suivi que celui de son rival républicain, Mitt Romney. Le président américain est crédité d'un record de messages sur Twitter, d'une audience massive à la télévision - -

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Le monde selon Trump
par Alina Selyukh WASHINGTON (Reuters) - Record de messages sur Twitter pour un événement politique, audience massive à la télévision, léger rebond...

par Alina Selyukh

WASHINGTON (Reuters) - Record de messages sur Twitter pour un événement politique, audience massive à la télévision, léger rebond dans les intentions de vote: le discours de Barack Obama en clôture de la convention démocrate de Charlotte a été plus suivi que celui de son rival républicain, Mitt Romney. Mais les chiffres de l'emploi, en deçà des attentes, interdisent toute forme d'euphorie à l'équipe de campagne du président démocrate.

"Nous sortons de notre convention portés par un élan. Mais cela ne veut pas dire que la campagne va significativement changer", soulignait vendredi soir David Plouffe, l'un des principaux conseillers d'Obama, devant les journalistes accompagnant le président-candidat.

Les mesures définitives, communiquées dans la nuit de vendredi à samedi, attestent du succès d'audience du discours prononcé jeudi soir par Obama. Selon l'institut Nielsen, ils étaient plus de 35,7 millions de téléspectateurs devant leur écran pour suivre la prestation du président sortant, retransmise par une douzaine de chaînes.

Le discours de Mitt Romney, son adversaire à l'élection présidentielle du 6 novembre, lors de la convention républicaine avait réuni 30,3 millions de téléspectateurs.

Surtout, alors que l'attrait pour les retransmissions politiques à la télévision est sur le déclin, Barack Obama fait presque aussi bien qu'il y a quatre ans, lorsque son discours d'acceptation de l'investiture démocrate avait été suivi par 38,4 millions de téléspectateurs.

Sur les réseaux sociaux auxquels est particulièrement attachée son équipe de campagne, qui voit en internet un outil précieux pour mobiliser l'électorat jeune, le discours a suscité une masse de commentaires.

"DES SÉQUENCES PARFAITES POUR YOUTUBE"

Selon le site Twitter, qui n'avait jamais connu une telle effervescence pour un événement politique, l'intervention du président a généré 52.756 messages par minute une fois terminée.

Pendant le discours lui-même, aucun autre orateur n'a suscité autant de réactions à la minute, à la convention démocrate comme à la convention républicaine une semaine plus tôt. Le pic a été atteint lorsque Barack Obama a déclaré: "Je ne suis plus seulement le candidat, je suis le président".

Robert Thompson, spécialiste des médias à l'université de Syracuse, a constaté que le discours du président était une succession de séquences de sept minutes idéales pour une diffusion sur internet. "Il s'est exprimé dans des séquences parfaites pour YouTube", dit-il.

Un sondage Reuters/Ipsos montre qu'Obama a repris un léger avantage sur Romney dans les intentions de vote au niveau national lors de la convention démocrate. Il est désormais devant avec 46% contre 44% pour son rival républicain, qui le devançait d'un à deux points avant la convention de Charlotte.

"Les intentions de vote n'ont que peu bougé, mais la direction suggère que nous assistons peut-être au tout premier signe d'un rebond post-convention", souligne avec prudence Julia Clark, de l'institut Ipsos.

Cette nouvelle livraison du sondage "roulant" réalisé tout au long de la convention s'appuie cependant sur des données recueillies avant la publication des chiffres de l'emploi pour le mois d'août.

Le nombre de créations nettes de postes hors secteur agricole a été de 96.000 en août, a annoncé le département du Travail, alors que les économistes en attendaient 125.000 et qu'il y en avait eu plus de 140.000 en juillet. Et si le taux de chômage a reculé à 8,1% de la population active, contre 8,3% en juillet, c'est surtout la conséquence du nombre croissant d'Américains qui renoncent à retrouver un emploi.

"NOUS SAVONS QUE CE N'EST PAS ASSEZ BON"

En deçà des attentes, ces chiffres peuvent fragiliser Barack Obama au moment son adversaire et lui engagent le sprint final qui les conduira au duel du 6 novembre, d'autant que l'économie et l'emploi demeurent les principales préoccupations et les premières sources d'inquiétude des Américains (72% des personnes interrogées par Ipsos jugent que l'économie va dans la mauvaise direction, 68% pour ce qui est du marché de l'emploi).

Mitt Romney s'en est aussitôt emparé pour critiquer de nouveau la politique économique du président. "Si la nuit dernière c'était la fête, ce matin, c'est la gueule de bois", a dit le candidat républicain dans un communiqué.

En campagne dans le New Hampshire, un de ces Etats-pivot ("Swing States") où se jouera le scrutin, Barack Obama a reconnu que l'économie américaine ne créait pas encore d'emplois aussi rapidement que nécessaire.

"Nous savons que ce n'est pas assez bon. Nous devons créer plus d'emplois plus rapidement. Nous devons combler plus rapidement ce trou laissé par cette récession", a-t-il dit.

Le président a en outre accusé les républicains de bloquer ses projets au Congrès et de rester flous sur la manière dont eux-mêmes créeraient des emplois.

D'ici au premier des trois débats télévisés qui opposeront Obama et Romney, le 3 octobre, les deux candidats et leurs équipes de campagne vont sillonner le New Hampshire, l'Iowa et les autres "Swing States" que sont la Floride, Virginie, Caroline du Nord, Ohio, Colorado, Nevada ou encore le Wisconsin.

Les deux états-majors et leurs donateurs y ont déjà englouti des centaines de millions de dollars sous forme de spots télévisés.

Obama devait enchaîner les réunions publiques ce week-end en Floride; Romney a programmé lui une série d'interventions samedi en Virginie.

Avec Jeff Mason dans l'Iowa, Sam Youngman dans le New Hamsphire et Nichola Groom à Los Angeles; Danielle Rouquié, Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français