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Fin d'une tentative de légalisation de l'avortement à Monaco

BFM C.D. avec AFP
Le prince Albert II de Monaco lors de la fête nationale monégasque, le 19 novembre 2025, à Monaco (Principauté de Monaco). (Photo d'illustration)

Le prince Albert II de Monaco lors de la fête nationale monégasque, le 19 novembre 2025, à Monaco (Principauté de Monaco). (Photo d'illustration) - Photo par PASCAL LE SEGRETAIN / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP

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Les autorités monégasques refusent finalement de légaliser l'IVG, sur demande du prince Albert II. Une interdiction d'avorter contournable, toutefois, pour raisons de santé.

À la demande du prince Albert II, le gouvernement de Monaco a mis fin à un processus engagé par le conseil national pour tenter de légaliser l'avortement dans ce micro-pays méditerranéen où le catholicisme reste religion d'État.

Lors d'un entretien au quotidien Monaco-Matin peu avant la fête nationale la semaine dernière, Albert II avait prévenu: "le cadre actuel respecte ce que nous sommes au regard de la place qu'occupe la religion catholique dans notre pays".

Lors de la séance publique législative de ce mardi 25 novembre, le chef du gouvernement, Christophe Mirmand, a donc acté le refus du gouvernement de transformer en projet de loi une proposition adoptée par le conseil national en mai par 19 voix contre deux.

"La religion catholique et ses princes sont le socle de notre identité", a insisté Christophe Mirmand, ancien préfet français. "Dans une époque de bouleversement continu, elle donne à notre collectivité et à chacun de ses membres une profondeur dont nous devons avoir conscience et que nous devons protéger".

Les difficultés à avorter sur le rocher

Christophe Mirmand a également rappelé que rien n'était figé: depuis 2009, l'interruption volontaire de grossesse (IVG) est autorisée en cas de risque pour la mère ou pour l'enfant ou si la grossesse est la conséquence d'un viol. Et depuis 2019, la dépénalisation de l'IVG protège celles qui partent avorter en France de toutes poursuites.

Cependant, dans la mesure où les régimes d'assurance maladie ne prennent pas l'IVG en charge, les femmes ne seront pas remboursées. Cela concerne les Monégasques, les résidentes à Monaco mais aussi de nombreuses femmes qui travaillent à Monaco ou dépendent de la couverture sociale d'un mari ou d'un père travaillant à Monaco et ne sont pas toujours affiliées à la sécurité sociale française.

"Il ne s'agissait pas d'imposer une vision, encore moins d'encourager quoi que ce soit. Il s'agissait simplement de les prendre en charge à Monaco. Mais au lieu de cela, vous (...) continuez d'envoyer nos problèmes en France", a réagi Béatrice Fresko-Rolfo, présidente de la commission Famille et Égalité au sein du conseil national.

Thomas Brezzo, président du conseil national, a réaffirmé l'attachement des élus à l'identité catholique de la principauté, tout en rappelant que cette identité ne pouvait pas "devenir un argument d'immobilisme" et qu'elle n'avait pas empêché Monaco d'autoriser les jeux d'argent, la prostitution, l'accès à la contraception ou le travail le dimanche.