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Evacuations à Brisbane menacée par des crues record

Vue des alentours de Brisbane. Des milliers d'habitants ont évacué mardi la périphérie de la capitale du Queensland, alors que les inondations progressent et que de nouvelles intempéries menacent. /Photo prise le 11 janvier 2011/REUTERS/Mick Tsikas

Vue des alentours de Brisbane. Des milliers d'habitants ont évacué mardi la périphérie de la capitale du Queensland, alors que les inondations progressent et que de nouvelles intempéries menacent. /Photo prise le 11 janvier 2011/REUTERS/Mick Tsikas - -

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Le monde selon Trump
par Ed Davies BRISBANE, Australie (Reuters) - A la demande des autorités, des milliers d'habitants ont évacué mardi la périphérie de Brisbane,...

par Ed Davies

BRISBANE, Australie (Reuters) - A la demande des autorités, des milliers d'habitants ont évacué mardi la périphérie de Brisbane, troisième ville d'Australie, où d'autres résidents protègent leurs maisons et stockent des vivres devant les inondations et la menace de nouvelles pluies.

Dix personnes ont péri dans la nuit. A l'ouest de Brisbane, voitures et piétons ont été emportés dans les rues de Toowoomba, submergées après des pluies torrentielles. Plus de 40 personnes juchées sur des toits ont été secourues par hélicoptère, mais 78 sont toujours portées disparues, selon la police.

Les inondations les plus graves depuis 50 ans dans l'Etat du Queensland, dont Brisbane est la capitale, ont tué 14 personnes en deux semaines, mais la police s'attend à voir le bilan s'alourdir en raison des dernières crues et de nouvelles pluies. Elle craint que beaucoup de personnes n'aient péri piégées chez elles ou dans leurs véhicules.

En survolant les environs de Brisbane en avion léger, on découvre un paysage détrempé aux maisons entourées de grands lacs boueux, de sites miniers et d'usines immergés, de routes coupées par des torrents d'eau.

Le centre de Brisbane a été la proie d'embouteillages mardi, des habitants quittant la ville en voiture face à un début d'inondation. Quatre-vingts faubourgs se préparent aux effets de la crue du fleuve Brisbane, qui devrait culminer jeudi.

"DEMAIN, CE SERA MAUVAIS ET, JEUDI, DÉVASTATEUR"

Des familles entières ont afflué dans les centres d'évacuation de Brisbane et de la ville voisine d'Ipswich, dont le tiers semblait en passe d'être submergé dans la nuit.

Environ 1.500 personnes ont cherché refuge dans les centres. Seize barrages du Queensland commencent à déborder et quatre autres, dont celui de Wivenhoe (Brisbane), déversent de grandes quantités d'eau.

Selon la police, 9.000 habitations de Brisbane seront inondées d'ici jeudi et 30.000 propriétés seront affectées.

"La situation s'est de toute évidence beaucoup détériorée", a déclaré le maire de Brisbane, Campbell Newman, lors d'une conférence de presse. "Aujourd'hui, c'est très important, demain ce sera mauvais et, jeudi, ce sera dévastateur pour les habitants et les entreprises affectés."

Les inondations qui ont débuté vers Noël se sont étendues par moments sur une étendue égale à la France et à l'Allemagne réunies. Elles ont causé pour six milliards de dollars de dégâts et inondé 70 villes, quelquefois à deux reprises.

Les exportations de charbon à coke du Queensland sont pratiquement à l'arrêt, l'agriculture et le tourisme y sont durement frappés. Les inondations auront un impact sur la croissance économique, les prix et la consommation.

"RESTER UNIS"

Les autorités estiment que la situation pourrait se révéler encore pire qu'en 1974, année où le fleuve Brisbane était sorti de son lit pour envahir brutalement des milliers d'habitations, faisant 14 morts dans la capitale du Queensland.

"Nous devons tout faire pour garder notre calme et rester unis. Si vous êtes à l'abri, c'est le moment de venir en aide à des voisins (...) et d'offrir un lit pour la nuit", a déclaré Anna Bligh, Premier ministre du Queensland.

Entre les bords du fleuve en crue et le centre de Brisbane, l'eau a emporté arbres, bateaux et pontons métalliques. Des employés de bureau ont déserté leurs gratte-ciel du centre-ville sous une pluie battante. L'eau ruissèle sur les trottoirs et atteint les marches de la bibliothèque d'Etat du Queensland.

"Ça prend de nouvelles proportions de minute en minute", déclarait Gary McGowan, un homme d'affaires de la banlieue ouest. De son côté, Julia Zhu entassait des sacs de sable dans une Mercedes pour protéger sa boutique de robes: "Nous avons un demi-million de dollars de réserves sans assurance."

Dans un zoo situé à proximité, on attachait les crocodiles pour le cas où leur prendrait l'envie de fuir le déluge.

Les inondations ont été attribuées au phénomène climatique de La Niña, qui refroidit les eaux de l'est du Pacifique.

L'Australie a enregistré en 2010 la troisième année la plus humide de son histoire depuis le début des relevés météorologiques à la fin du XIXe siècle. La saison pluvieuse doit se prolonger encore deux mois. Plus de 200.000 personnes et 10.000 habitations ont été affectées par ces intempéries.

A Toowoomba, un torrent boueux précédé d'une vague de deux mètres a déferlé dans les rues. "On pourrait décrire cela comme un tsunami intérieur, un énorme mur d'eau qui a dévalé de la vallée de Lockyer", a dit le commissaire de police Bob Atkinson.

"J'ai vu des voitures emportées comme des jouets", a témoigné un habitant. La télévision a montré des habitants agrippés aux arbres ou aux poteaux téléphoniques et des automobilistes juchés sur les voitures pour échapper au déluge.

Avec Amy Pyett, Michael Smith et Michael Perry à Sydney; Jean-Stéphane Brosse et Philippe Bas-Rabérin pour le service français, édité par Gilles Trequesser