Ukraine: le Parlement de Crimée demande le rattachement à la Russie

Un homme sur la place Lenine de Simferopol, le 16 mars 2014. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE
Au lendemain du référendum qui a rassemblé 97% des votants, les parlementaires se sont prononcés à l'unanimité des présents. Le Parlement de Crimée a donc voté lundi matin le rattachement de la péninsule à la Russie et la nationalisation des biens de l'Etat ukrainien dans la région sécessionniste.
"La république de Crimée demande aux Nations unies et à tous les pays du monde de la reconnaître comme un Etat indépendant", stipule le texte adopté par le Parlement à Simféropol. "Et elle demande à la Fédération de Russie de l'accepter comme l'un de ses membres".
Une délégation du Parlement de Crimée doit partir lundi pour Moscou, où la Douma (chambre basse du Parlement russe) doit voter vendredi en faveur de l'inclusion de la Crimée à la Fédération de Russie.
Selon les derniers résultats officiels du référendum "95,5% ont voté pour le rattachement de la Crimée à la Russie", a indiqué le président de la commission électorale locale Mikhaïlo Malychev.
> Changement de fuseau horaire, nationalisation et adoption du rouble
• Un passage à l'heure de Moscou soit en avance de 2 heures sur Kiev est prévu pour le 30 mars a indiqué le dirigeant séparatiste Serguiï Axionov. Il avait auparavant estimé que la transition de toutes les institutions de Crimée vers la Russie prendrait au moins un an.
• La nationalisation de tous les biens détenus en Crimée par l'Etat ukrainien pourrait concerner également les bases militaires encerclées depuis la fin février par des civils pro-russes et des soldats envoyés par Moscou.
• Le rouble est désormais la monnaie officielle de la république séparatiste de Crimée, a annoncé lundi son Parlement local au lendemain du plébiscite pour son rattachement à la Russie.
La hryvnia, la monnaie ukrainienne qui avait cours jusqu'à présent, sera acceptée parallèlement jusqu'au 1er janvier 2016, a précisé le parlement sur son site internet.
• Une aide de 295 millions d'euros a été accordée par Moscou à la Crimée affirme le Premier ministre séparatiste.
> Le sort des soldats ukrainiens sur place toujours incertain
• Prêter serment au nouveau pouvoir ou quitter la Crimée. Pour les autorités de Simféropol, le choix est simple, les soldats fidèles à Kiev devront quitter la péninsule. Ceux originaires de Crimée et acceptant de prêter serment au nouveau pouvoir pourront rester puis être incorporés dans l'armée russe.
Selon Serguiï Axionov, qui l'a affirmé dans un tweet, 500 soldats ukrainiens auraient déjà quitté leurs bases dans la ville portuaire de Sébastopol.
• L'armée ukrainienne se mobilise. "Les militaires qui sont déployés (en Crimée) resteront là-bas" a de son côté indiqué le ministre ukrainien de la Défense Igor Tenioukh.
Le Parlement ukrainien a approuvé lundi une mobilisation partielle de ses forces armées pour faire face à "l'ingérence de la Russie dans les affaires intérieures de l'Ukraine".
275 députés ont approuvé cette mobilisation demandée par le président par intérim Olexandre Tourtchinov compte tenu de "l'aggravation de la situation politique dans le pays (...) et de l'ingérence de la Russie dans les affaires intérieures de l'Ukraine". 33 députés n'ont pas pris part au vote, aucun n'a voté contre.
Les députés ont également approuvé l'octroi de près de 6,9 milliards de hryvnias supplémentaires (530 millions d'euros) pour assurer l'aptitude au combat des forces armées.











