Jeremy, l’escargot gaucher en manque d’amour, est mort

Jeremy l'escargot est mort - HO / UNIVERSITY OF NOTTINGHAM / AFP
Il était probablement l’escargot le plus célèbre du monde. Jeremy est mort mercredi 11 octobre à l’âge de deux ans à l’université de Nottingham. C’est le scientifique Angus Davison, chargé de l’étudier, qui a annoncé la triste nouvelle.
Senestre, le gastéropode s'est forgé une notoriété grâce à sa coquille qui s’enroule vers la gauche, soit dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Cette particularité, propre à un escargot sur un million seulement, a valu à Jeremy d’avoir ses organes génitaux du côté gauche, empêchant toute reproduction avec la majorité de ses semblables qui, eux, sont dextres.
Deux nouveaux partenaires
Mais les scientifiques de l’université de Nottingham n’ont pas voulu abandonner Jeremy –aussi appelé Jem- à son triste sort. Après avoir lancé en décembre dernier un appel pour trouver un partenaire à l’escargot solitaire, le professeur Angus Davison a annoncé quelques mois plus tard l’arrivée de deux nouveaux escargots senestres aux côtés de Jeremy, Lefty et Tomeau, pour tenter de savoir si leur particularité génétique était héréditaire.
Manque de chance pour Jem... Au mois de mai, les deux nouveaux arrivants s'accouplent sans se soucier de lui. Résultat, les 170 descendants sont dextres. "Le gène responsable du caractère dextre est dominant. Il faudra donc attendre les générations descendant de ces naissains pour avoir peut-être une chance d’obtenir un nouvel escargot senestre", a expliqué le professeur Davison.
Une reproduction finalement réussie
Mais après des mois d'attente Jeremy réussira finalement à se reproduire avec Tomeau. Là encore, tous les jeunes escargots sont nés avec leur coquille dans le bon sens. Malheureusement, l'escargot, découvert dans une boîte à compost par un scientifique à la retraite du Museum d'histoire naturelle à Londres, n'aura pu profiter bien longtemps de ses progénitures, nées le 6 octobre, soit cinq jours avant sa mort.
Les scientifiques ont exposé sa coquille à l'université de Nottingham. Le professeur Davison a maintenu son appel aux amateurs de gastéropodes pour obtenir de nouveaux escargots gauchers. Grâce à ses observations, il espère mettre en évidence les gènes responsables de certaines asymétries biologiques, qui peuvent également affecter les humains.











