"Je travaillais caché": de retour de Moscou, notre reporter témoigne

De la méfiance, de la paranoïa et de la pression. Notre reporter de retour de Moscou a partagé les conditions dans lesquelles il a travaillé en Russie, où les informations diffusées sur la guerre menée en Ukraine sont strictement contrôlées.
"J'ai bien vécu, je n'étais pas en danger, ça n'a rien à voir avec ce que vivent les journalistes en Ukraine" a assuré sur notre antenne Cédric Faiche, qui a aussi décrit "une forme de pression" ressentie au quotidien.
"On m'a dit d'être méfiant, il y a de la paranoïa parce qu'on a tous en tête les films, avec les micros et les caméras dans les chambres" a-t-il reconnu, ajoutant qu'il y a "un vrai risque quand même" à travailler en tant que journaliste en Russie dans ce contexte de guerre.
"Je travaillais caché [...] je n'avais pas le droit de parler à l'antenne, notamment de la guerre, c'est un mot que j'ai encore du mal à trouver d'ailleurs" a témoigné Cédric Faiche.
Le mode de vie des Moscovites "dégradé" par les sanctions
Le reporter a également expliqué avoir vu le mode de vie des Moscovites se "dégrader" avec l'application des sanctions économiques. "Ils ne vont plus chez Ikea, Uniqlo ou H&M et les médicaments commencent à manquer, mais ils se sont préparés, depuis la Crimée en 2014 et les premières sanctions" a-t-il rappelé. Quant aux Russes habitant à l'extérieur de la capitale, "ils ne verront pas de différence, il manque de tout, tout le temps" ont estimé certains Moscovites rencontrés.
Cédric Faiche a aussi eu l'occasion de voir certains gestes manifestant une opposition à la guerre en Ukraine, comme le dessin du symbole de la paix tracé au sol.
"Je l'ai pris en photo car ça m'a marqué. [...] Celui qui a fait ça a pris le risque de prendre une amende de 300 euros ou 15 ans de prison, parce qu'un symbole de paix ça veut dire qu'il y a la guerre" a souligné notre journaliste, alors que les médias locaux parlent seulement, selon l'expression imposée par les autorités, "d'une opération militaire spéciale".











