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Etats-Unis: il avalait les post-it utilisés pour une escroquerie boursière

Deux des complices présumés se retrouvaient sous cette horloge dans la Gare centrale de New York pour fomenter leur coup.

Deux des complices présumés se retrouvaient sous cette horloge dans la Gare centrale de New York pour fomenter leur coup. - Mario Tama - Getty Images North America - AFP

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Un Américain est actuellement jugé pour avoir monté avec deux complices présumés une combine qui leur a rapporté plus de cinq millions de dollars.

La scène tient du scénario de cinéma: durant cinq ans, deux hommes se sont rencontrés furtivement près de la grande horloge de la gare centrale de New York pour échanger des informations confidentielles sur des opérations boursières. Les infos étaient griffonnées sur des post-it, qui "disparaissaient" ensuite dans l'estomac de l'un des deux. Pas de preuves, et pourtant... ils se retrouvent actuellement au tribunal.

Retour sur les faits. La combine, qui n'impliquait aucune technologie moderne, avait été imaginée par trois hommes, rapporte le Gendarme boursier américain, le SEC. Steven Metro, d'abord, avocat d'affaires, qui réussissait à se procurer ces informations confidentielles. Son ancien camarade de classe ensuite, Franck Tamayo, qui jouait les intermédiaires. Et enfin Vladimir Eydelman, courtier.

Une combine parfaitement huilée

Voici ce que l'enquête a permis de mettre au jour. De temps à autre, Steven Metro allait boire un coup avec son vieux copain d'école, Franck Tamayo. A cette occasion, il lui griffonnait alors sur des post-it ou des serviettes en papier des symboles boursiers pour désigner des actions sur lesquelles investir.

Peu après, Franck Tamayo retrouvait le courtier Vladimir Eydelman devant l'horloge de la Gare centrale. Il lui montrait furtivement les symboles, que le courtier mémorisait, avant de reprendre son chemin... et d'engloutir les preuves, pour effacer toute trace du délit d'initié. Après ces gourmandes entrevues, le courtier reprenait contact par mail avec Franck Tamayo et lui conseillait des investissements prétendument basés sur des "analyses et des recherches" mais fondés, en réalité, sur ces délits d’initiés. C'est notamment ces mails qui ont permis aux enquêteurs de comprendre la mécanique.

Avant d’être démasqué, le trio a tout de même réussi à amasser illicitement près de 5,6 millions de dollars grâce à ces informations confidentielles. Les trois hommes sont poursuivis au civil par le gendarme boursier américain et sont également sous le coup d’une procédure pénale du procureur du New Jersey. Vendredi, Franck Tamayo, qui a coopéré avec les autorités, a plaidé coupable. Il risque jusqu'à vingt ans de prison.