Embuscade : réponse et menace des talibans

Les talibans de l'embuscade du 18 août ont adressé un message aux soldats français : « Tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons. Tous. » - -
« Tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons. Tous. » : la menace vient du commandant Farouki, un chef taliban. Il s'exprime dans l'hebdomadaire Paris Match à paraître ce jeudi. On y voit également des photos de Talibans portant un uniforme français, un fusil Famas et une montre appartenant à l'un des soldats français tués. Ce sont des prises de guerre qui datent de l'embuscade du 18 août qui avait coûté la vie à 10 soldats français. En effet, deux journalistes de Paris Match ont pu rencontrer ce chef de guerre dans les montagnes Afghanes.
La rencontre avec les talibans
Eric de Lavarène, grand reporter, est rentré en France ce matin et était en direct sur RMC. Il est ainsi revenu sur sa rencontre avec une partie des talibans impliqués dans l'attaque du 18 août : « J'enquête et je recueille des témoignages depuis 15 jours sur place, depuis l'embuscade du 18 août. Avec la photographe Véronique de Viguerie, nous avons pu rencontrer il y a quelques jours un des quatre groupes de Talibans à l'origine de l'embuscade, composé d'une trentaine d'hommes. Ils ont posé avec leur butin de guerre français, qu'ils ont prélevé sur les corps des soldats français : un uniforme, 2 Famas, 1 talkie walkie, 1 gilet par balle, 1 casque et une montre d'un soldat français qu'ils nous ont remise ».
Un message adressé à la France
« Tant que vous resterez chez nous, nous vous tuerons. Tous. ». Après cet avertissement, le Commandant Farouki tempère : « Nous n'en voulons pas aux Français, s'ils partent tout ira bien », avant une nouvelle menace : « Nous frapperons les intérêts français partout dans le monde ». Ce message, Eric de Lavarène et Véronique de Viguerie l'ont recueilli auprès des talibans. Cette dernière précise « qu'ils maintiennent la notion de « légitime défense, c'est-à-dire que pour eux ces territoires sont entièrement talibans. Ils disent qu'ils ne comprennent pas pourquoi les Français se sont lancés dans cette guerre, qui pour eux est une guerre qui n'appartient qu'aux Etats-Unis ». D'autre part, les talibans auraient précisé ne pas avoir « tué de prisonniers et laissé les corps, par rexpect pour les morts ». Eric de Lavarène précise : « Ils ont conscience du retentissement de l'affaire, ils savaient que Nicolas Sarkozy s'était déplacé en Afghanistan. La période du Ramadan qui a commencé est propice à d'autres attaques. Il y a beaucoup de rumeurs sur des attaques d'ampleur sur Kaboul. Ces Talibans ont des appuis, humains et logistiques, au Pakistan ».
Les représailles françaises
Au cours de son reportage, Eric de Lavarène a également « pu recueillir des témoignages des bavures, notamment françaises, sur les civils afghans. Au total, une soixantaine de civils ont été tués, dans deux provinces différentes, suite à l'embuscade. Ces représailles ont été opérées sur demande des troupes françaises et sous la forme de bombardements ».
« Ils nous lancent une guerre de communication »
Un groupe de 7 députés est revenu hier de l'Afghanistan où ils ont rencontré les soldats impliqués dans l'embuscade des talibans. Jean-Michel Boucheron, député socialiste d'Ile-et-Vilaine et rapporteur du budget de la Défense au sein de la commission des Affaires Etrangères de l'Assemblée Nationale, faisait partie de ce voyage et donne son sentiment en apprenant les propos de ce chef talibans : « Nous sommes face à des terroristes. Nous, nous essayons de gagner la liberté et le développement de l'opinion publique afghane. Et eux essayent de déstabiliser l'opinion publique française, en semant la peur, le trouble, les faux bruits, etc... La bataille, on en a vu les plans et on a vu comment elle s'était passée. Ils ont récupéré effectivement des treillis sur des morts, on a eu 10 morts donc c'est évident qu'ils ont pu récupérer du matériel. Maintenant, ils nous lancent une guerre de communication, on serait bien idiots de tomber dans le panneau... »
Quelle est la réaction de l'Armée face à ces menaces des talibans à l'encontre des soldats français ? Le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck, porte-parole de l'Etat Major des Armées expliquent qu'elles habituelles chez les talibans : « Ces phrases s'inscrivent parfaitement dans la propagande des insurgés, qui ont une vraie maîtrise de la propagande, de la communication. Nous savions que dans la zone des combats, les insurgés avaient dépouillé nos camarades qui étaient tombés sur le terrain. Nous savions qu'ils avaient volé des casques, on savait qu'ils avaient pris de gilets pare-balles, qu'ils avaient pris des armes, qu'ils avaient pris des rangers, des radios... Ils se sont montrés avec leurs prises de guerre. Ca fait partie des mises en scène qu'ils organisent régulièrement ».













