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Duvalier regrette sans s'excuser, propose son aide à Haïti

L'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier a exprimé vendredi ses regrets aux victimes de son règne et dit vouloir contribuer à la reconstruction de son pays, dans sa première allocution depuis son retour inopiné. "Baby Doc" a également appelé à la r

L'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier a exprimé vendredi ses regrets aux victimes de son règne et dit vouloir contribuer à la reconstruction de son pays, dans sa première allocution depuis son retour inopiné. "Baby Doc" a également appelé à la r - -

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par Joseph Guyler Delva PORT-AU-PRINCE (Reuters) - L'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier a exprimé vendredi ses regrets aux victimes de...

par Joseph Guyler Delva

PORT-AU-PRINCE (Reuters) - L'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier a exprimé vendredi ses regrets aux victimes de son régime et dit vouloir contribuer à la reconstruction de son pays, dans sa première allocution depuis son retour inopiné dimanche.

"Baby Doc" a été inculpé cette semaine par la justice haïtienne pour corruption, vol, détournement de fonds et abus de pouvoir pendant ses années de règne, de 1971 à 1986. Il a été laissé en liberté mais il lui est interdit de quitter le pays.

Quatre Haïtiens ont également déposé plainte pour crimes contre l'humanité, en raison des sévices dont ont été victimes des milliers d'opposants durant ses 11 années au pouvoir.

"Je saisis cette opportunité pour dire une fois encore ma profonde tristesse à tous mes compatriotes qui se considèrent sincèrement comme des victimes de mon régime", a dit Duvalier dans une allocution à la presse, prononcée dans sa maison de Pétionville, une enclave prisée de l'élite haïtienne sur les hauteurs de Port-au-Prince.

Duvalier, 59 ans, semblant fragile dans son costume bleu marine, n'a pas donné précisément les raisons de son retour inattendu qui alimente les conversations dans le pays.

Haïti, dévasté par un séisme il y a un an, est dans une situation sanitaire désastreuse, avec une épidémie de choléra, et dans l'impasse électorale depuis deux mois et le premier tour de l'élection présidentielle, dont les résultats sont contestés.

Les explications de son retour n'ont pas été plus précises qu'à sa descente de l'avion dimanche et les journalistes n'ont pu poser aucune question.

Sans s'excuser pour les atrocités commises durant son règne par ses partisans, Duvalier a dit être rentré "pour montrer sa solidarité dans cette période extrêmement difficile dans la vie de la nation" et pour aider "à reconstruire le pays".

RÉCONCILIATION

Une centaine de ses partisans était rassemblée devant sa maison, scandant, au rythme des tambours, "Duvalier, ce pays est tien, fais-en ce que tu veux".

"Baby Doc" avait accédé au pouvoir à la mort de son père François Duvalier, alias "Papa Doc", en 1971, devenant à 19 ans le plus jeune chef d'Etat au monde. Proclamé "président à vie", il a dirigé le pays jusqu'à son départ en exil en France en février 1986, à la suite d'un soulèvement populaire.

Duvalier a dénoncé les exactions dont ont été victimes ses partisans après son départ. "Des milliers d'entre eux ont été lâchement assassinés, brûlés, questionnés", a-t-il dit.

Il a conclu en appelant à la réconciliation d'un pays où la tension est vive.

"Si nous faisons en sorte que le tocsin de la réconciliation nationale résonne dans tous les coeurs (...) et toutes les régions, les quartiers et les maisons, alors le jour arrivera rapidement où tous les enfants, hommes et femmes d'Haïti, au pays et dans la diaspora, pourront marcher main dans la main sans exception et participer ensemble à la renaissance d'Haïti", a dit l'ancien dictateur.

Clément Guillou pour le service français