BFM

"Des sanctions de l'UE contre la Russie seraient purement symboliques"

BFM La rédaction avec Celine Martelet
-

- - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Télécharger la nouvelle application BFM
Le monde selon Trump
Le bras de fer se poursuit entre la Russie et les Occidentaux. La menace d'une intervention Russe en Crimée plane toujours.

Pour l'Ukraine, c'est clair : Moscou a déclaré la guerre. C'est "l'alerte rouge" prévient le nouveau Premier ministre. Les Occidentaux font pression sur Vladimir Poutine pour éviter la guerre. L'OTAN accuse la Russie de menacer la paix en Europe. La France et le Royaume-Uni suspendent leur participation aux réunions préparatoires du G8, en Juin, à Sochi.

Vladimir Poutine a accepté une proposition d'Angela Merkel sur la création d'un "groupe de contact" pour entamer "un dialogue politique" selon le gouvernement allemand. Mais les tensions restent vives.

Sur le terrain, la Crimée est totalement sous contrôle de la Russie. Simferopol, la capitale est aux mains des milices pro-Russes. Des milliers de soldats aux uniformes dépourvus d'identification bloquent les militaires ukrainiens dans leurs casernes.

A quelques kilomètres de Simferopol, en moins d’une heure des soldats ont neutralisé une caserne, le tout sans aucun coup de feu.

Autre exemple symbolique: la défection dimanche soir du commandant en chef de la marine ukrainienne, un homme nommé vendredi par Kiev et qui a annoncé qu’il prêtait allégeance aux autorités pro-russe de la Crimée.

"Il ne faut pas se faire trop d'illusions sur les sanctions

Le secrétaire d'état américain John Kerry s'est dit prêt à expulser la Russie du G8. Les Occidentaux peuvent-il vraiment mettre cette menace à exécution ?

"Certains s’opposeront à cette expulsion", analyse Philippe Moreau-Defarge, spécialiste des relations internationales à l'Institut français des relations internationales. "Mettre la Russie à la porte du G7, c’est se couper d’un canal de discussion. Et aujourd’hui, étant donné la position de faiblesse des Occidentaux, ils n’ont qu’une priorité: c’est de garder le contact avec la Russie."

L'Union européenne a promis des sanctions économiques si la Russie refuse de négocier. Peut-elle vraiment faire plier Poutine ?

"Sur les sanctions, il ne faut pas se faire trop d’illusions", estime Philippe Moreau-Defarge. "La seule sanction sévère, ce serait de ne plus acheter de gaz à la Russie. Une décision qui repose beaucoup sur l’Allemagne, qui s’approvisionne principalement avec le gaz russe. Dans l’état actuel des choses, les sanctions seraient purement symboliques. La Russie est un colosse, ce serait donc principalement des gesticulations."

EN VIDEO - Ecoutez le colonel ukrainien Serguei Storozenko
Donnez votre avis!

Ukraine: la pression de l'UE sur Moscou est-elle suffisante ?