David Cameron remanie son gouvernement

David Cameron a remanié mardi le gouvernement britannique dans l'espoir de faire taire les voix dissidentes à sa droite et de redresser une popularité en berne pour cause de récession. /Photo prise le 4 septembre 2012/REUTERS/Neil Hall - -
par Matt Falloon et Tim Castle
LONDRES (Reuters) - David Cameron a remanié mardi le gouvernement britannique dans l'espoir de faire taire les voix dissidentes à sa droite et de redresser une popularité en berne pour cause de récession.
Le Premier ministre conservateur a toutefois laissé à son poste le chancelier de l'Echiquier, George Osborne, malgré sa forte impopularité.
Un autre poids lourd, le secrétaire au Foreign Office, William Hague, conservera apparemment son portefeuille dans ce remaniement qui ne devrait pas se traduire par de grands changements dans la politique suivie.
La marge de manoeuvre du chef du gouvernement était de toutes manières limitée par les contraintes de la cohabitation dans la coalition au pouvoir associant depuis mai 2010 les Tories et les libéraux-démocrates de sensibilité centriste et européenne.
Il fallait aussi à David Cameron éviter le piège de se faire de puissants ennemis au sein même de sa propre formation au moment où les conservateurs traversent une période délicate.
George Osborne, un proche allié du Premier ministre, a été hué lundi soir par la foule lors d'une cérémonie de remise de médailles aux Jeux paralympiques de Londres.
Son impopularité découle du mécontentement provoqué par les coupes budgétaires alors que le Royaume-Uni est de nouveau entré en récession cette année.
"Il reste en place", a assuré à l'agence Reuters une source proche des tractations auxquelles le remaniement a donné lieu.
Les sondages montrent que nombre de Britanniques souhaitaient que le chancelier de l'Echiquier, architecte de la politique économique et budgétaire du gouvernement, soit remplacé.
Mais David Cameron pouvait difficilement le faire sans que cette mesure ne soit interprétée comme un aveu d'échec de sa part, notamment dans le domaine économique.
ÉQUIPE ÉCONOMIQUE RENFORCÉE
On s'attend en revanche à ce qu'il renforce son équipe économique en donnant au ministre de la Justice, Ken Clarke, un rôle en matière de stratégie économique.
David Laws, un "lib-dem" respecté pour ses compétences économiques, devrait aussi se voir confier un poste ministériel.
Le remaniement vise surtout apparemment à améliorer les relations du chef de l'exécutif avec son parti en accordant des postes à des membres de son aile droitière, voire à son courant "eurosceptique" qui exige un durcissement vis-à-vis de Bruxelles.
De source autorisée, on explique qu'un départ de George Osborne aurait soulevé des questions de la part des marchés financiers sur la capacité de David Cameron à s'attaquer au déficit budgétaire conséquent.
Le Premier ministre s'en tient à sa politique d'austérité en espérant un retour de la croissance d'ici les prochaines élections législatives de 2015.
Le budget dévoilé en mars par le chancelier de l'Echiquier a réduit la fiscalité pour les plus riches tout en aggravant les taxes sur les retraités.
Ces mesures ont provoqué une levée de boucliers contre la coalition au pouvoir, accusée d'être déconnectée de ceux qui se trouvent au bas de l'échelle sociale et souffrent de la récession.
Parmi les rares départs confirmés pour l'heure, celui du ministre du Développement international, Andrew Mitchell, nommé "chief whip" chargé de la discipline interne au parti à la chambre des Communes.
Theresa Villiers a, pour sa part, été nommée ministre chargée de l'Irlande du Nord.
Tim Castle, Jean-Stéphane Brosse et Jean-loup Fiévet pour le service français













