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Catalogne: l'Espagne peut-elle éclater?

BFM H. M. avec Jean-Marie Marchaut
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Même si les partis indépendantistes de Catalogne ont remporté la majorité des sièges lors des élections régionales de dimanche, plusieurs obstacles s'opposent encore à une indépendance de la région.

La victoire de la liste "Junts pel si" (Ensemble pour le oui) aux élections régionales, dimanche en Catalogne, ressemble, pour certains, à un premier pas vers l'indépendance de la région. Pourtant, le scénario d'une séparation du reste de l'Espagne n'est pas si certain.

Un nouveau gouvernement en décembre

Premier obstacle à l'indépendance, la Constitution espagnole. Celle-ci interdit en effet à une province de décider d'elle-même de faire sécession. Ce n'est donc pas le gouvernement local, la Generalitat de Catalogne, qui ferait ce choix, mais bien Madrid. Or le gouvernement conservateur ne considère pas ce vote comme un plébiscite pour l'indépendance et encore moins comme un référendum.

De plus, selon Jordi Matas, professeur de science politique à l'université de Barcelone, il faut attendre les élections générales de décembre et donc la mise en place du nouveau gouvernement, avant d'imaginer un scénario.

"L’une des possibilités, et c’est loin d’être gagné même si c’est une probabilité, c’est que le gouvernement permette la tenue d’un référendum pour que le peuple s’exprime."

Un éventuel processus de séparation pourrait donc prendre beaucoup de temps.

Sortie de l'Union européenne

Deuxièmement, les indépendantistes pourraient avoir du mal à rassembler la majorité nécessaire. Conséquence d'un système électoral qui ne fonctionne pas entièrement à la proportionnelle, les partis indépendantistes de la Catalogne ont remporté la majorité des sièges, 72 pour une majorité absolue à 68, mais pas la majorité des voix (47,8 %).

Il n'est donc pas assuré que le oui l'emporte en cas de référendum. Le Monde rappelle d'ailleurs qu'Oriol Amat, candidat de la liste "Junts pel si", confiait la semaine dernière à la presse allemande qu'il y avait une "forte probabilité" qu'après les élections de décembre, "le gouvernement fasse une offre" à la Catalogne, et que les électeurs se rangent derrière celle-ci.

Enfin, le rôle de l'Europe dans le débat ne peut pas être négligé. Si la Catalogne décidait de se séparer de l'Espagne, elle renoncerait également à sa place dans l'Union européenne. Cela signifierait donc une sortie de l'espace Schengen et un retour des frontières, mais surtout la fin de l'euro et le retour de la peseta. Pas sûr que les Catalans soient prêts pour un tel changement.