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Pérou: des "harceleurs de rue" piégés par leurs propres mères

Un extrait de la campagne, où un jeune homme accoste une femme en lui parlant de sa petite culotte, sans savoir qu'il s'agit de sa mère.

Un extrait de la campagne, où un jeune homme accoste une femme en lui parlant de sa petite culotte, sans savoir qu'il s'agit de sa mère. - Capture d'écran "Silbale a tu madre"

Une campagne diffusée en novembre dernier au Pérou refait surface sur le web. On y voit des hommes draguer des femmes dans la rue sans savoir qu'il s'agit de leurs mères... avant de se prendre un savon mémorable. Images.

"Quelle délicieuse petite culotte!" Lorsqu'il lance cette phrase d'une voix chantante à la femme qui croise son chemin, Renzo s'attend ce jour-là à tout sauf à ce que ce soit...sa mère. La scène s'est pourtant produite à Lima, au Pérou, sous l'oeil de caméras cachées.

Un piège tourné dans le cadre d'une campagne contre le harcèlement de rue, à l'initiative de la marque de boxe Everlast. Diffusée en novembre dernier, la campagne (voir vidéo ci-dessous) refait surface depuis quelques jours sur le web et est devenue complètement virale, à la faveur d'un post sur le réseau social Reddit.

"Maman ?!"

Grimée avec une perruque et des lunettes, la mère de Renzo se retourne ce jour-là sur son fils et l'invective par son prénom. L'échange qui s'ensuit est cocasse. "Maman?!" "Alors ce que l'on m'a dit sur toi est donc vrai! Tu dis des grossièretés aux femmes dans la rue!" Les dénégations infantiles du jeune homme -"Mais c'est qu'un jeu, maman!"- n'y font rien: la colère de la mère est intarissable. 

Coachées par Natalia Malaga, entraîneuse de l'équipe nationale féminine de volley-ball, plusieurs mères se sont ainsi prêtées à l'expérience, intitulée: "Siffle donc ta mère!". Le résultat est sensiblement le même à chaque fois: d'une voix très assurée quand ils lancent leur petite "phrase d'accroche", ces "harceleurs de rue" se mettent tous à geindre dès qu'ils comprennent leur méprise et se font sermonner en public par leurs mères, méconnaissables avec perruque, robe et lunettes de soleil.

D'autres films sur ce phénomène

La campagne avait été lancée en collaboration avec une association, Paremos el acoso callejero (Stop au harcèlement de rue, ndlr), pour dénoncer un phénomène grandissant au Pérou, devenu un sport presque national. Ainsi, à Lima, la capitale, 7 femmes sur 10 en ont déjà été victimes. La vidéo, qui cumule actuellement plus de 5 millions de vues, se termine par un slogan choc: "N'attends pas qu'on te fasse accoster ta mère pour commencer à respecter les femmes."

Ce n'est pas la première fois qu'une vidéo à fort potentiel viral s'en prend à cela. En octobre dernier, une New-Yorkaise s'est filmée en caméra cachée en train de marcher dix heures durant. Le constat était éloquent: de jour comme de nuit, la jeune femme, portant un T-shirt ras du cou et un simple jean, n'a pas cessé d'être abordée de toutes parts par des hommes. Et en février dernier, un court-métrage posté sur YouTube, Majorité opprimée, avait fait sensation, en montrant la journée d'un homme dans un monde où les rôles seraient renversés. A voir.