Algérie : 41 occidentaux toujours otages

41 étrangers et 150 Algériens sont toujours détenus en otage sur le site gazier d'In Amenas - -
Combien sont-ils réellement ? Difficile de savoir, en réalité, combien d’otages attendant toujours en Algérie, sur le site gazier d'In Amenas, attaqué mercredi l'aube par des islamistes.
L'assaut a fait au moins deux morts, un Britannique et un Algérien, et il y aurait également des blessés. L’armée algérienne aurait encerclé le site, mais les ravisseurs affirment déjà avoir repoussé un assaut. Au total, les assaillants affirment détenir 41 otages étrangers et 150 Algériens, sur deux zones du site.
Washington a confirmé que des Américains faisaient partie des otages, et 13 Norvégiens seraient concernés ainsi que, selon les sources, cinq Japonais, un Autrichien, un Irlandais et plusieurs Britanniques. La présence de Français, en revanche, reste un mystère. Les preneurs d'otages affirment qu'ils détiennent des Français, et la chaîne France 24 en aurait la confirmation, mais Paris n’a toujours rien confirmé officiellement, n’ayant pas de certitude. Sur RMC, Faissal Metaoui, journaliste au quotidien algérien El Watan, parle de quatre otages français.
Représailles ou chantage ?
Les agresseurs seraient membres des « Signataires du sang » dirigés par Mokhtar Belmokhtar, surnommé « le Borgne », l'un des chefs historiques d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qu'il a introduit dans le nord du Mali. Mais écarté d'Aqmi il y a deux mois, il a fait sécession et fondé son propre groupe et avait menacé de « riposter à toute intervention militaire au Mali ». Les autorités algériennes affirment de leur côté que les auteurs de la prise d'otage ne sont pas venus du Mali, ni de la Libye voisine. Selon le porte-parole du groupe, l'action est menée en représailles de l'autorisation donnée par l'Algérie à la France de survoler son espace aérien pour mener la guerre au Mali. Mais selon un employé du site d'In Amenas, les ravisseurs veulent… la libération de 100 islamistes détenus en Algérie.
« Ouvrir un second front pour compliquer la lutte au Mali »
Pour Louis Caprioli, ancien responsable de la lutte contre le terrorisme international à la DST et conseiller du groupe de protection des entreprises Geos, l’attaque est directement liée à la situation au Mali. « On assiste à une stratégie d’ouvrir un second front pour compliquer la lutte au Mali, pour dire "vous vous êtes engagés dans un soutien à la France pour attaquer nos frères au Mali, vous allez être la cible de nos Moujahidines". On est dans une opération de chantage qui peut inciter certains états à revenir sur leurs positions pour éviter d’envoyer des troupes ».
« Les Français craignent plus que les autres»
Selon le conseiller, « tous les étrangers » seront « des monnaies d’échanges », même s’il reconnaît que « les Français craignent plus que les autres». « C’est vrai que dans la zone, si vous n’avez pas des moyens militaires pour vous protéger, des plans bien carrés, s’il y a la moindre faille, les terroristes vont s’engager dedans parce qu’ils ont une connaissance parfaite du terrain. Va se poser la question : est-ce qu’on maintient l’activité des expatriés, ou est-ce qu’on les fait partir de cette zone parce que le risque est trop important ? »
« Un assaut des forces spéciales algériennes » ?
Farid Alilat, directeur de publication du journal Dernières Nouvelles d'Algérie (DNA), estime maintenant que l’assaut reste la meilleure solution : « Soit les terroristes libèrent les otages et se rendent, mais ça me parait très peu probable, car ce sont des combattants entraînés, fanatiques, endoctrinés, quitte, peut-être, à faire sauter le site. La deuxième issue, très probable, c’est un assaut des forces spéciales algériennes. C’est un grand risque, mais les forces de sécurité algériennes ont l’expertise pour mener un tel assaut ». Les ravisseurs ont menacé de faire sauter le site si un nouvel assaut était tenté.













