Distributions de repas interdites à Calais: Darmanin dénonce une "caricature malhonnête"

Des policiers près d'un campement de migrants à Calais (photo d'illustration) - DENIS CHARLET / AFP
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, dénonce ce lundi dans un entretien au journal L'Union la "caricature malhonnête" faite, selon lui, de l'interdiction des distributions de repas aux migrants dans le centre-ville de Calais par des associations non mandatées par l'État.
"Je ne comprends pas cette caricature malhonnête. Nous avons pris cette décision à la demande de la maire de Calais et ce que nous avons interdit, ce sont les distributions de repas anarchiques, en plein centre-ville, pas la distribution de repas", explique le ministre, interrogé sur la réaction des associations.
"Il y a désormais plus de 1200 migrants installés à Calais et à proximité qui ont l'espoir d'aller en Angleterre", souligne M. Darmanin, estimant que "cela entraîne des difficultés de délinquance, de salubrité publique et d'organisation de la ville".
"Les distributions de repas sont évidemment toujours autorisées. Il y en a plus de 2.000 par jour réalisées par des associations mandatées par l'État", insiste le ministre.
Des prestations "suffisantes" pour les migrants, selon la préfecture
La préfecture du Pas-de-Calais a interdit jeudi, jusqu'à la fin du mois de septembre, "toute distribution gratuite de boissons et denrées alimentaires" dans une vingtaine de rues, quais et places du centre-ville de Calais aux associations non mandatées par l'État. L'arrêté pointe entre autres le fait que les distributions des autres associations sont "caractérisées par le non-respect des mesures de distanciation sociale dans le cadre de la lutte contre la Covid-19".
Dans la mesure où l'État a mandaté une association, La Vie Active, pour distribuer des repas, que l'État met à disposition des robinets d'eau, la préfecture considère les prestations fournies "suffisantes au regard des besoins" des migrants.
La Vie Active a indiqué à l'AFP distribuer quotidiennement 1000 à 1200 petits-déjeuners et autant de déjeuners.
"Du harcèlement" contre les migrants, pour Amnesty International
Vendredi, six ONG et associations engagées dans la défense des exilés, dont Amnesty international, Médecins du monde ou Médecins sans frontières, ont appelé dans un communiqué commun les autorités françaises à revenir en urgence sur cette décision.
Pour Amnesty international, qui estime à 1.500 le nombre d'exilés présents à Calais et ses environs, la décision "est une nouvelle démonstration du harcèlement dont font l'objet les défenseurs des droits des migrants dans la région".
L'Auberge des Migrants, qui distribue des repas à Calais, avait critiqué une interdiction contre-productive risquant d'accroître les risques sanitaires en concentrant les migrants sur les distributions autorisées, et réfuté tout caractère anarchique à ses distributions.













