BFM Lille

Le Nord peut-il échapper au confinement? Ce que disent les chiffres

BFM Grand Lille Benjamin Rieth , Journaliste BFM Régions
placeholder video
Télécharger la nouvelle application BFM
Malgré une situation très détériorée dans le Dunkerquois et les Hauts de Flandres, le Nord ne devrait pas être concerné par un confinement le week-end généralisé sur tout le territoire.

A quelques heures de la prochaine prise de parole du Premier ministre, le flou règne encore sur les prochaines mesures prévues dans le Nord. Tandis que le département voisin du Pas-de-Calais doit être confiné les quatre prochains week-end, le Nord a des chances d'échapper à cette nouvelle restriction.

"Je ne pense pas qu'il y aura un confinement global sur le département", affirme ainsi auprès de BFM Lille Jean-René Lecerf, président du conseil départemental. L'élu envisage plutôt une extension du confinement le week-end autour de Dunkerque, notamment sur "une partie de la Flandre intérieure".

Une situation hétérogène

Placé sous surveillance renforcée comme le Pas-de-Calais, le Nord subit une situation très hétérogène entre le Dunkerquois, où l'épidémie flambe depuis plusieurs jours, et l'agglomération lilloise, qui affiche des indicateurs plus calmes.

Ainsi, le taux d'incidence s'établit à 340 cas pour 100.000 habitants sur l'ensemble du département, un chiffre plutôt stable ces derniers jours. Mais il est en réalité tiré vers le haut par la forte circulation du virus dans la communauté urbaine de Dunkerque, où le taux d'incidence a atteint le record de 1039 cas pour 100.000 habitants cette semaine.

A l'inverse, dans l'agglomération lilloise, cet indicateur est beaucoup plus bas, juste au-dessus de 250, un des seuils d'alerte fixé par le gouvernement pour décider ou non d'un possible reconfinement. C'est cette différence entre les deux territoires qui a ainsi poussé plusieurs élus locaux à s'y opposer.

Des services de réanimation pas encore saturés

Outre cet indicateur, les autorités regardent de près la pression hospitalière dans les services de réanimation. Si deux patients de Dunkerque ont pour la première fois été transférés hors de la région, vers la Normandie, l'Agence régionale de santé indiquait mardi que "les services de réanimation et de soins critiques de la région ne sont pas à l’heure actuelle totalement saturés".

Selon le site CovidTracker, la tension hospitalière s'établit aujourd'hui à 85% dans le Nord, contre 151% dans le Pas-de-Calais. L'ARS des Hauts-de-France a par ailleurs affirmé avoir demandé aux hôpitaux publics et privés l'ouverture d'une centaine de lits supplémentaires en réanimation. La région en disposera alors de 800, contre 460 en temps normal.

Reste la question de la circulation du variant anglais dans le département, autre indicateur observé par le gouvernement. Si dans le Dunkerquois, il est largement majoritaire, sa circulation sur l'ensemble du Nord est aussi déterminante pour prendre une décision. Fin février, le professeur Philippe Froguel affirmait notamment qu'il serait majoritaire dans tout le département avant le début du mois de mars.