Traitement des eaux: une station d'épuration high-tech près de Paris

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Depuis quelques années, les normes environnementales sont de plus en plus strictes, et cela vaut pour le traitement des eaux. En Seine-St-Denis, l'usine de Seine-Morée, fraîchement inaugurée, est la première totalement "bio-performante". Elle traite les eaux de six communes.
En quelques années, la donne a changé. A l'origine, le traitement des eaux usées d'Ile-de-France n'était réalisé que dans une seule usine d'épuration, celle d'Achères, dans les Yvelines. Un mastodonte, la deuxième plus grande usine du monde pour le traitement des eaux. Face à l'urbanisation galopante et aux contraintes de qualité de plus en plus importantes, il est vite devenu nécessaire de construire d'autres structures.
Quatre autres ont ainsi vu le jour le long de la Seine et de la Marne. La petite dernière, celle de Seine-Morée, est unique en son genre. Elle se fond dans le décor: un bâtiment compact, des toitures végétalisées, une énergie fatale intelligemment récupérée, des panneaux solaires qui alimentent une petite partie du site. Cette "usine-paysage", comme on la surnomme, répond aux critères environnementaux de la construction. Elle joue par ailleurs un rôle crucial pour son environnement car elle redonne vie à la Morée, un petit cours d'eau qui avait servi d'égout pendant deux siècles. En recevant les eaux dépolluées de l'usine, il favorisera la biodiversité.
230 millions d'euros
Mais une telle réalisation ne coule pas de source. C'est l'eau la plus pure qui soit qui doit être rejetée dans ce ruisseau. Rien de commun avec le débit de la Seine. C'est pourquoi le site a été équipé des technologies les plus pointues et notamment de fines membranes qui ne laissent rien passer, en fin de cycle de dépollution.
Au final, 99% des matières en suspension, 95% des pollutions carbonées, 97% des pollutions phosphorées et 70% des pollutions azotées sont éliminées. L'eau qui en ressort est de qualité "eau de baignade". Sans parler des mauvaises odeurs qui sont chassées. Les boues issues de l'épuration seront traitées avec les biodéchets dans une usine de méthanisation élaborée en partenariat avec le Syctom. Il aura fallu 7 ans et 230 millions d'euros d'investissement pour faire aboutir le projet.
Refonte des sites
La réglementation très stricte oblige les professionnels à agir. La directive cadre sur l’eau (DCE) du 22 décembre 2000, demande aux États membres, à échéance de 2015, le retour du bon état chimique et écologique des eaux superficielles et souterraines : la non-détérioration de l’existant ainsi que la suppression des rejets de substances dangereuses dites "prioritaires" d’ici à 2020.
Dans le même temps, les eaux arrivant dans les stations d’épuration sont de plus en plus polluées. Ces pollutions, notamment chimiques, sont les nouveaux défis auxquels les services d’assainissement sont confrontés. C'est pourquoi le SIAAP, le Syndicat interdépartemental pour l'assainissement de l'agglomération parisienne, qui traite l'eau de près de 9 millions de Franciliens, a engagé d'importants travaux.
C'est un milliard d'euros qui a été investi dans la refonte de Seine-Aval à Achères. Le circuit de traitement des eaux sera notamment réorganisé, avec un recours à la technologie de dépollution par système membranaire comme à l'usine Seine-Morée. Elle n'a jamais été utilisée à une telle échelle.











