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Mont Blanc: des gendarmes pour dissuader de camper

Une pancarte interdisant le camping devant le refuge de Tête Rousse

Une pancarte interdisant le camping devant le refuge de Tête Rousse - -

Au refuge de Tête Rousse, des gendarmes rappellent aux alpinistes qu'il est interdit de camper sur le site classé.

Une présence, dissuasive, diversement appréciée. Postés au refuge de Tête Rousse sur la voie normale d'accès au Mont Blanc, deux gendarmes en uniforme rappellent aux alpinistes qu'il est interdit de camper sur le site classé.

Depuis de nombreuses années, en l'absence des forces de l'ordre, des tentes étaient dressées et "polluaient" les lieux, rapporte Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais, commune où se situent les refuges de Tête Rousse et du Goûter, évoquant la présence d'une quarantaine de toiles de tentes l'été dernier.

Un rôle "pédagogique"

Ravi de cette mesure prise par la préfecture, le maire n'hésite pas à parler "d'effet miraculeux". "Il n'y a plus de tentes à quelques rares exceptions quand les gendarmes sont absents", se réjouit-il.

Un enthousiasme que tempère le gendarme Sébastien Ertzbischoff, plus habitué avec le PGHM à porter secours aux alpinistes qu'à les réprimander. "Notre rôle est avant tout pédagogique, nous ne sommes pas là pour verbaliser", souligne-t-il.

Avec sa collègue, il ira tout de même vérifier le lendemain que des tentes ne sont pas installées au Goûter. Mais, depuis l'annonce de leur présence, la règlementation est mieux respectée et si une tente est repérée ses occupants sont souvent partis gravir le sommet, constate-t-il.

Des raisons économiques

Guide de haute montagne à Chamonix, Anselme Baud déplore cette présence des gendarmes "dans l'un des derniers espaces de liberté". "Certains alpinistes montent sans vraiment savoir où ils vont dormir dans un milieu pourtant hostile, c'est vrai, mais c'est quand même dommage d'en arriver là", estime le sexagénaire.

La plupart des alpinistes qui campent sous la tente le font pour des raisons économiques, relèvent un peu gênés les gendarmes. Une nuit au Goûter en demi-pension revenant à 90 euros.

"La présence seule des gendarmes ne suffira pas à réguler la fréquentation du Mont Blanc et les problèmes qui en découlent, il faut ensemble faire changer les pratiques", assure Blaise Agrestti chargé de la formation montagne des gendarmes.