"Le scandale est au niveau de celui des PFAS": une association dénonce la pollution du lac d'Annecy par des résidus toxiques de pneus

"Le scandale est au niveau de celui des PFAS". Le lac d'Annecy, pourtant réputé pour être le plus pur d'Europe, est en réalité pollué par le trafic routier, a dénoncé lundi 12 janvier l'association France Nature Environnement lors d'une conférence de presse.
Entre mars et avril 2025, une équipe de journalistes d'investigation scientifique de France 5 a prélevé des échantillons dans l'eau du lac en différents endroits, dans les sédiments, l'eau potable au robinet, l'air, et effectué des analyses d'urine de volontaires. Résultat: 12 polluants ont été observés, tous étant issus des microplastiques libérés par l'usure des pneus de voiture.
"On a de nombreuses substances toxiques, comme, par exemple, le diphenylguanidine ou le 6 PPD, qui sont des marqueurs d'une pollution à l'abrasion des pneus", explique à BFMTV Louise Tschanz, avocate spécialiste en droit de l'environnement.
25.000 voitures chaque jour
Sur la rive ouest du lac, quantité de substances toxiques pour les poissons et l'humain, ont été retrouvés à des niveaux similaires à ce que l'on peut trouver dans les rivières de Canton, au sud de la Chine, selon la même étude.
Chaque jour, 25.000 voitures empruntent les 40 kilomètres de route qui entourent les eaux du lac, considéré comme le joyau naturel de la Haute-Savoie. En roulant, les pneus des véhicules émettent 1.954 molécules différentes, dont 785 sont associées par l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) à des "risques sévères pour la santé humaine et ou l'environnement", relève l'association.
Parmi celles-ci, 14 sont mortelles par ingestion, 10 mortelles par contact cutané et 19 mortelles par inhalation, a souligné FNE. Au total, le poids de matière que perd un pneu pendant toute sa durée de vie est de 4 kilos.
"Aujourd'hui, il n'y a pas de système pour filtrer les eaux pluviales, et donc les abrasions de pneus qui sont stockées sur les routes, à chaque fois qu'il y a un lessivage par des orages ou par la pluie, tout va dans le lac", a expliqué Me Tschanz à l'AFP.
Des "études complémentaires" demandées par le maire
"Le scandale est au niveau de celui des PFAS, c'est-à-dire qu'on le retrouve partout dans le lac d'Annecy, dans l'air et dans les corps humains d'un tiers des personnes testées", atteste à BFMTV Anne Lassman-Trappier, présidente de l'association France Nature et Environnement Haute-Savoie à l'origine de l'étude.
Le maire écologiste d'Annecy François Astorg, qui a "salué le travail d'investigation", a demandé "des études complémentaires", portant sur "un échantillon de la population qui vit autour du lac", selon un communiqué publié par la ville.
Il a également demandé la constitution d'un comité de suivi sur cette pollution "sur le modèle de celui qui a été mis en place en Haute-Savoie au sujet des PFAS et des polluants éternels", duquel la Ville d'Annecy fera partie. Selon l'édile, 73% de l'approvisionnement en eau potable provient du lac.











