Réemploi, recyclage, réparation : comment Ecologic transforme nos déchets en ressources

Pouvez-vous nous rappeler la mission principale d’Ecologic et les différentes filières que vous gérez ?
Ecologic pilote des filières nationales de seconde vie pour des équipements et biens de consommation, tant pour les particuliers que pour les professionnels. Pour ce faire, nous sommes missionnés par l’État, qui nous délivre un agrément.
Nos produits cibles sont les appareils électriques, électroniques et numériques, les équipements de mobilité comme les vélos et les trottinettes, les articles de sport, mais aussi l’outillage motorisé utilisé pour bricoler ou jardiner. Chaque année, plusieurs centaines de milliers de tonnes sont ainsi mises sur le marché national.
Comment s’organisent concrètement la collecte, la dépollution et le recyclage des déchets que vous traitez ?
Nous proposons aux consommateurs et aux détenteurs un réseau de plusieurs milliers de points d’apport — principalement en ressourceries, en magasins ou en déchetteries — partout en France, afin qu’ils puissent y déposer leurs produits usagés.
Selon leur état, ces produits sont réemployés pour une seconde vie à travers des acteurs spécialisés issus de l’économie sociale et solidaire, ou bien ils partent en recyclage afin de valoriser les matières et les ressources qui les composent. Les opérations de recyclage sont assurées par nos prestataires industriels, sélectionnés avec soin pour la qualité de leurs procédés de dépollution et de traitement.
Quels sont les principaux défis logistiques ou techniques que vous rencontrez dans la gestion de ces filières ?
Le premier défi est de proposer une collecte « préservante » afin de pouvoir réemployer les produits qui le peuvent. Cela signifie trier et prendre soin des équipements qui nous sont confiés, puis les mettre à disposition des acteurs du réemploi.
Ensuite, nous manipulons des produits complexes, lourds, imposants et parfois dangereux. Cela implique de mettre en place une logistique adaptée (contenants, modes de transport, dépollution, etc.) afin d’éviter tout risque environnemental ou sanitaire.
Mais je dirais que le principal défi reste de mobiliser les consommateurs en les incitant à se rendre dans les points d’apport. Trier ses produits et accomplir ce geste citoyen produit de grands effets, tant pour l’environnement que pour l’économie.
En 2025, vous mentionnez avoir collecté plus de 98 000 tonnes de déchets électriques depuis janvier. Quels sont désormais vos objectifs futurs ?
Nous poursuivons plusieurs objectifs pour chaque étape de vie des produits. Le premier est de faire de la réparation le choix prioritaire de consommation lorsqu’un appareil est défectueux à la maison.
Le deuxième est de favoriser le réemploi afin de donner une seconde chance à tous les produits valorisables. Nous travaillons main dans la main avec les acteurs historiques de l’économie sociale et solidaire, mais aussi avec ceux de l’économie traditionnelle, sur le développement de la seconde main, de plus en plus plébiscitée par les consommateurs.
Enfin, notre troisième objectif est de stabiliser notre performance de collecte. En 2024, nous avons par exemple collecté 360 000 tonnes d’équipements électriques. C’est autant de ressources valorisées en France qui pourront être réutilisées pour la confection de nouveaux produits.
Depuis 2006, comment avez-vous vu évoluer la sensibilisation des Français au recyclage des déchets électriques et électroniques ?
Les Français ont assez vite adopté le réflexe de recycler leurs déchets électriques, même s’il a fallu faire connaître le réseau et ancrer ce comportement dans le temps, sur tous les territoires, y compris en milieu urbain où l’apport est plus complexe que dans les zones moins denses.
L’évolution majeure concerne ce qu’on appelle la prévention des déchets et l’allongement de la durée de vie des produits. Ces notions incitent le consommateur à questionner l’usage de ses produits et à privilégier la réparation et la seconde vie. La loi AGEC de 2020 nous a donné un cadre législatif puissant pour les accompagner dans cette démarche.
Quelles seront vos prochaines actualités ?
Nous menons actuellement deux campagnes de communication multimédia de grande ampleur qui promeuvent la collecte de tous les appareils usagers baptisée « Grande Récup’ Elec » et une seconde sur le bonus réparation à travers la promotion des labels QualiRépar et BonusRépar. Si vous voyez leurs logos sur la devanture d’un réparateur, n’hésitez pas à entrer pour faire réparer vos objets du quotidien !
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