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Pour les chômeurs, la formation reste un parcours du combattant

BFM Business Frédéric Bianchi avec AFP
« Il faut proposer une formation à un chômeur sur deux »,  explique François Hollande.

« Il faut proposer une formation à un chômeur sur deux », explique François Hollande. - -

Si le nombre de demandeurs d'emplois en formation a encore progressé, le dispositif reste complexe et de nombreux chômeurs en restent éloignés.

Lutter contre le chômage en formant les demandeurs d'emplois. C'était la promesse du candidat Emmanuel Macron. Alors que le gouvernement doit présenter en octobre un nouveau plan d'investissement dans la formation (après un premier plan de 15 milliards d'euros en début de quinquennat), l'association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) vient de dévoiler son rapport annuel sur le sujet.

Au niveau des volumes, ce plan semble porter ses fruits. Le nombre de demandeurs d'emplois en formation ne cesse de progresser depuis le début du quinquennat. De 796.000 personnes en 2018, ce nombre est passé à 913.000 en 2019 et encore progressé en 2020 malgré le Covid à 935.000 selon la Dares. Si le record de 2016 n'a pas encore été atteint (plus d'un million cette année-là), il pourrait l'être cette année avec un premier trimestre déjà record.

Pour autant, relève l'association, la formation des demandeurs d'emploi relève encore souvent d'un "parcours du combattant" formulant différentes pistes d'amélioration, comme de faire de Pôle emploi l'"interlocuteur-clé" ou de développer les reconversions.

L'association, créée en 1985, décrit ainsi une situation est complexe.

"Lorsqu'on est chercheur d'emploi, il faut se battre pour avoir accès à la formation professionnelle", a ainsi affirmé, Gilles de Labarre, président de SNC, lors d'une matinée d'échanges autour du rapport. Fruit d'un travail de 18 mois, celui-ci a la "singularité" de s'appuyer sur les remontées de terrain, a-t-il expliqué.

Le document est nourri de témoignages de chômeurs. Marie, par exemple raconte comment après avoir voulu, à 50 ans, faire un master spécialisé en e-commerce, elle s'est retrouvée à devoir vivre avec 500 euros par mois, ne parvenant pas à valider son diplôme, "épuisée". Ou Laurent, 55 ans, qui dit s'être vu répondre par Pôle emploi que "les seniors ne sont pas prioritaires pour obtenir des financements".

13% des demandeurs d'emplois en formation

Alors que le gouvernement entend renforcer la formation des demandeurs d'emploi, en particulier de longue durée, et que le Premier ministre doit présenter sous peu un nouveau plan d'investissement dans les compétences, les auteurs du rapport ont mis en avant "trois grandes difficultés": la complexité du système avec sa cohorte d'acteurs (Pôle emploi, organismes de formation, conseils régionaux...), le sujet du financement de la formation et des frais annexes (transport repas, hébergement) et le sort des plus éloignés de l'emploi, qui nécessitent "plus de mesures spécifiques".

Les demandeurs d'emploi sont souvent face à des informations "éparpillées" et dans "un brouillard d'incertitudes" à l'origine d'abandons et de non-recours, a souligné une des membres du groupe de travail. En février 2021, 13% des demandeurs d'emploi suivaient une formation, contre 29% pour les personnes en emploi, indique l'association.

Un tiers des demandeurs d'emploi entrent en formation sur prescription de Pôle emploi et deux-tiers de leur initiative personnelle, estime SNC. Pour améliorer la situation, le rapport suggère notamment de simplifier les démarches d'accès à la formation en faisant de Pôle emploi une "ressource-clé", chargée d'orienter vers les formations "les plus pertinentes", celles-ci devant être répertoriées.

Il plaide aussi pour garantir la rémunération et le financement de la formation ou encore créer un dispositif spécifique pour la reconversion des demandeurs d'emploi, un besoin encore renforcé par la pandémie, selon SNC.