BFM Business

Pour Bruno Le Maire, le commerce extérieur devra être la priorité du prochain quinquennat

BFM Business Thomas Leroy avec Thomas Sasportas
placeholder video
Dans le rouge depuis 22 ans, le déficit du commerce extérieur alarmant de la France fait du pays le plus mauvais élève de l'Europe. Le ministe de l'Economie veut s'emparer de ce sujet.

Voici une première place dont la France se passerait bien. De tous les pays européens, c'est bien elle qui affiche le pire commerce extérieur en Europe. En 2020, le déficit (différence entre les exportations et les importations des biens) a ainsi atteint 65,2 milliards d'euros, soit 8 milliards de plus qu'en 2019. Pire que l'Espagne ou la Grèce…

Surtout, ce déficit qui dure maintenant depuis 22 ans, fait tache en Europe quand l'Allemagne, les Pays Bas ou même l'Italie affichent un commerce extérieur largement positif depuis des années. Une situation inacceptable pour le ministre de l'Economie Bruno Le Maire qui veut faire de ce sujet la priorité du prochain quinquennat, quel que soit le futur gouvernement.

"Le commerce extérieur est l'angle mort de la politique économique française", a tempêté le locataire de Bercy lors d'une rencontre avec la presse, ce mardi. "Cela doit devenir l'indicateur numéro 1 de la santé de l'économie française".

Et de marteler: "c'est aux résultats du commerce extérieur que l'on mesure la puissance d'une nation".

La faute aux précédents

Mais inverser la tendance n'a rien d'une sinécure et la France paye aussi son orientation historique vers les services quand certains de nos voisins ont su développer leur industrie.

Inviter sur le plateau de BFM Business, le ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Franck Riester n'a pu que confirmer le discours sévère de Bruno Le Maire. "Le commerce extérieur est le résultat d'une politique économique", reconnait Franck Riester qui rejette la faute sur les gouvernements précédents.

"Pendant des années, on n'a pas eu une politique de compétitivité suffisamment ambitieuse" explique-t-il. "Parce qu'on avait, par exemple, un impôt de solidarité sur la fortune (ISF) qui a empêché la transmission d'entreprises industrielles intermédiaires, familiales, d'année en année, de génération en génération comme en Allemagne et en Italie."

"Osez l'international"

Résultat, selon lui: en Italie, on compte 220.000 entreprises exportatrices et 300.000 en Allemagne contre 132.000 en France. Un chiffre d'ailleurs en hausse: "jamais en France il n'y a eu autant d'entreprises exportatrices", affirme Franck Riester, signe que les réformes sont en marche, à le croire.

Entre la suppression d'une partie des impôts de production, la mise en place de la flat tax et l'accompagnement accru des entreprises à l'export, l'exécutif estime être sur la bonne voie.

Le gouvernement a d'ailleurs décidé de prolonger les dispositifs du plan de relance export et notamment le chèque Relance Export pour les entreprises qui permet de financer, par exemple, sa participation à un salon professionnel ou la traduction de son site internet et de sa documentation.

"Osez l'international, c'est le moment. Les relais de croissance, ils sont à l'international", assure Franck Riester.

Une incantation qui ne suffira peut-être pas à inverser la tendance à court terme...