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Parcs de loisirs: les clients sont là mais les saisonniers se font attendre

BFM Business T.L avec AFP
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La réouverture l'été dernier des parcs a connu un franc succès, certains d'entre eux dépassant les fréquentations d'avant le Covid-19. Reste à trouver les saisonniers...

Les parcs de loisirs, fermés plusieurs mois pendant la pandémie, observent une désaffection des salariés alors que débutent les recrutements de saisonniers pour la saison 2022 et malgré une bonne reprise côté clients depuis cet été.

En 2019, avant la pandémie, le secteur représentait 4 milliards de chiffre d'affaires, 30.000 emplois directs, 80.000 emplois indirects et 100.000 contrats saisonniers, selon Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme.

La réouverture l'été dernier des parcs a connu un franc succès, certains d'entre eux dépassant les fréquentations d'avant le Covid-19.

Lors d'une journée de recrutement au Puy du Fou, en Vendée, mi-janvier à laquelle a assisté l'AFP, Jules Coquerel, 17 ans, vient de passer son premier "casting" de cavalier voltigeur. Après les épreuves techniques et sportives, le jeune homme est tout étonné d'être sélectionné.

Emilien Henaut, 20 ans, n'a pas eu cette chance. "Cela ne veut pas dire que si tu travailles, tu ne peux pas revenir dans un an ou deux", le rassure Coraline Landreau, 34 ans, régisseuse générale tournages et évènements. Le profil du jeune homme, qui a déjà travaillé pour le Puy du Fou, intéresse toutefois un autre recruteur du parc vers lequel il est redirigé.

"C'est un peu tendu"

Le parc vendéen a pour spécificité de bénéficier pour ses spectacles d'un réservoir de 2.500 bénévoles, dont des enfants qui, bien souvent, reviendront plus tard y travailler comme saisonniers pendant leurs études, comme Emilien. Certains y resteront, comme Coraline.

"C'est un peu tendu pour recruter en ce moment", reconnaît pourtant Nicolas de Villiers, directeur du Puy du Fou. Et ce malgré des embauches "un peu au dessus de la convention collective" et une valorisation de l'ancienneté (d'où un taux de fidélité de 60%).

"On est obligé de communiquer plus (...), dire qu'on a 230 métiers à proposer, que nous pouvons former", explique à l'AFP Nicolas de Villiers. "Avoir le Puy du Fou sur son CV, c'est valorisant", avance-t-il. Le parc thématique compte en pleine saison 2.500 employés dont 270 CDI avec une moyenne d'âge de 28 ans.

Au Parc Astérix (Oise), où un forum des métiers était organisé samedi dernier, un millier de postes de saisonniers sont proposés et le recrutement reste difficile sur les postes d'hôtellerie, restauration et maintenance (attractions, menuiserie, serrurerie...).

"On ne recrute pas que des jeunes"

Face à cette situation, des "réflexions sont engagées", sur les salaires mais aussi sur le temps de travail, explique à l'AFP Fatia Gueucier, responsable recrutement qui s'inquiète d'une "image faussée du métier".

"On a souffert d'une mauvaise image de la restauration alors que notre convention collective est plus avantageuse notamment sur les horaires", confirme Arnaud Bennet, président du syndicat national des espaces de loisirs, d'attractions et culturels (SNELAC).

L'hôtellerie-restauration a signé début janvier un accord de hausse des salaires qui prévoit une rémunération minimum supérieure de 5% au Smic et une augmentation de 16% en moyenne de grille salariale.

Et si ce sont essentiellement des jeunes qui se présentent au forum des métiers, certains accompagnés de leurs parents, Mme Gueucier veut faire passer le message: "on ne recrute pas que des jeunes".

Partis dans la grande distribution

Dans la Vienne, au Futuroscope, Laeticia Riveron, directrice des ressources humaines note cette année "un phénomène complètement nouveau: dans les fonctions d'accueil, de sécurité et de restauration -surtout en cuisine- des collaborateurs qui ont travaillé avec nous plusieurs années, ne reviennent pas. Ils sont partis dans la logistique et la grande distribution".

Le parc qui ouvre dès février a déjà recruté 300 saisonniers - ils seront 800 au plus fort de la saison - mais Mme Riveron note par rapport à l'avant pandémie, "une baisse de réponses aux annonces, de l'ordre de 20%".

"Il y a une vraie tension du marché du travail dans nos métiers", dit-elle. Pour y remédier, le Futuroscope réfléchit à améliorer les salaires mais aussi à faciliter le transport.

Chez Disneyland Paris, qui fêtera cette année ses 30 ans, 1.300 postes de saisonniers sont proposés de février à septembre, auxquels s'ajouteront 1.600 postes pour Halloween et Noël. Le parc recrute également 900 CDI.