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Taïwan: la Chine prête au "recours à la force"

BFM Business Caroline Loyer
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Après ses manœuvres militaires autour de Taïwan, la Chine se dit prête à "œuvrer pour une réunification pacifique” mais n'exclut pas l’usage de la force.

La Chine affirme qu’elle n'abandonnera "jamais" l'option du "recours à la force" pour reprendre Taiwan. Pékin présente les exercices militaires d’hier comme un "avertissement" aux "séparatistes". Au total, Taïwan a détecté plus de 150 avions de chasse autour de l'île ainsi qu’une quinzaine de navires. Tandis que la Chine précise avoir déployé pour la première fois ses garde-côtes dans le cadre de cette opération d’intimidation. Une simulation de blocus pleinement assumée. Pour la porte-parole du ministre chinois des Affaires étrangères, il s’agit de faire taire les velléités indépendantistes :

"L'indépendantisme taïwanais et la paix dans le détroit de Taïwan sont deux choses parfaitement incompatibles. Les provocations des forces indépendantistes feront inévitablement l'objet de ripostes."

De leur côté, les autorités taiwanaises condamnent un "comportement irrationnel et provocateur".

"Résister à l'annexion"

Les manœuvres chinoises font suite à la dernière prise de parole du Président taiwanais. Jeudi, à l’occasion de la fête nationale, Lai Ching-te s’est engagé une nouvelle fois à ne pas céder aux pressions de Pékin et à sa volonté de réunification : "Je maintiendrai l'engagement de résister à l'annexion ou l'empiètement de notre souveraineté", a-t-il déclaré. Discours immédiatement et vertement critiqué par les autorités chinoises qui considèrent le président taiwanais comme un dangereux "séparatiste".

Cette montée des tensions inquiètent. L'Union européenne appelle toutes les parties à "faire preuve de retenue". Tokyo exprime ses "préoccupations". Les Etats-Unis, alliés de Taipei, condamnent sévèrement les manœuvres militaires chinoises.

"La réponse de l’armée chinoise au discours annuel du président taïwanais est injustifiée et entraîne un risque d’escalade", selon le porte-parole du département d’État américain Matthew Miller.

La crainte d’une invasion chinoise

Parce que Pékin a cette ambition de "réunifier" leur île avec le continent avant le centenaire du Parti communiste en 2049. Le 1er octobre dernier, lors du 75e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, Xi Jinping a réaffirmé sa détermination à parvenir à cet objectif. Idéalement, Pékin aimerait éviter l’usage de la force en contraignant Taipei à se soumettre volontairement à son autorité.

La Chine qui s'est récemment lancée dans un renforcement militaire massif : missiles hypersoniques, porte-avions, ogives nucléaires et avions de combat de cinquième génération. Sa marine est aujourd'hui la plus importante au monde et continue de se développer. Mais l’invasion de Taïwan reste une solution de dernier recours pour le Parti communiste car elle serait extrêmement coûteuse, tant sur le plan des d'effectifs qu’en termes de conséquences économiques.

Pour Pékin, il existe également une grande inconnue : jusqu'où les États-Unis sont-ils prêts à aller pour défendre Taïwan ? Taipei peut compter sur le soutien indéfectible de Washington qui lui fournit une aide financière et des armes pour plusieurs milliards de dollars chaque année.