Joe Biden à Berlin: moment crucial pour l'Ukraine

Le déplacement avait été repoussé d’une semaine en raison de l'ouragan Milton. Mais pas question pour le président américain de renoncer à cette visite d'adieu.
Alors qu’une possible victoire de Donald Trump le 5 novembre fait redouter à Kiev une baisse drastique de l'aide militaire américaine, Joe Biden affiche son soutien indéfectible jusque dans les derniers jours de son mandat. Mercredi, il a annoncé une nouvelle enveloppe de 425 millions de dollars pour le pays toujours sous le feu de la Russie.
À Berlin, Joe Biden tiendra une réunion à quatre avec Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz et le Premier ministre britannique Keir Starmer.
Les États-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France sont des fournisseurs d'armes essentiels à la défense de l'Ukraine. Selon l'Institut de Kiel pour l'économie mondiale, un groupe de réflexion allemand, à eux seuls, les quatre pays ont débloqué environ 90 milliards de dollars d’aide depuis le début de la guerre en février 2022.
"Asphyxier l'économie de guerre de Poutine"
Pendant ce temps, Volodymyr Zelensky est à Bruxelles où il a présenté jeudi son "plan de victoire" face aux dirigeants des 27 Etats membres avant de retrouver plus tard les ministres de la Défense de l’Otan.
"Si nos partenaires n'acceptent pas notre plan de victoire, ce sera très difficile pour nous. Ce sera un cadeau du monde à la Russie. Ce sera une grave erreur. La faiblesse de l'Ukraine est une force pour la Russie."
Volodymyr Zelensky demande toujours la levée des restrictions dans l'usage des armes occidentales. Il prône aussi le déploiement d’un "ensemble de mesures de dissuasion stratégique non-nucléaires", précisant que ce point est détaillé dans une "annexe secrète" à son plan de victoire.
L’Ukraine réclame par ailleurs l'intensification des sanctions contre Moscou. "Nous devons asphyxier l'économie de guerre de Poutine", insiste le président ukrainien.
Il y aussi la question de la reconstruction du pays. Le dirigeant plaide pour un investissement massif de l’UE. Ursula von der Leyen répète, elle, depuis longtemps que c'est à la Russie et non aux Européens qu'il incombera de payer pour remettre le pays sur pieds.
Enfin, Kiev veut obtenir des garanties de sécurité solide pour l’avenir. "Nous avons besoin d'engagements fermes de nos alliés pour prévenir toute future agression russe", dit Volodymir Zelensky
L'intégration à l'Otan, un sujet qui divise
"Nous avons besoin d'une invitation claire et rapide à rejoindre l'Alliance", martèle Volodymir Zelensky. Pour lui, une adhésion à l’Otan est la seule véritable garantie de sécurité pour son pays.
"Nous ne sommes pas au point où l'Alliance discute du lancement d'une invitation à court terme", a réagi Julianne Smith, l'ambassadrice américaine auprès de l'Otan.
Mark Rutte, nouveau secrétaire général de l'Alliance, lui, s'est borné mercredi à rappeler le caractère "irréversible" d’une intégration.
Le sujet est toujours sensible et divise. La demande fait grincer des dents l’Allemagne. Les dirigeants belge et danois soutiennent une adhésion mais à condition d’abord que la paix soit rétablie. En revanche, pour le Premier ministre suédois, l'aspiration de l'Ukraine à rejoindre l'Otan est un point "réaliste et important".
Interrogé sur le sujet à l'issue du sommet des 27, Ursula von der Leyen rappelle qu’il ne lui "appartient pas de juger la question de l'adhésion à l'Otan".













