Explosion de bipeurs du Hezbollah: ce que l'on sait

Les premières explosions ont eu lieu en début d'après-midi à Beyrouth et d’en d’autres régions du pays notamment le sud, mais aussi en Syrie. Le bilan provisoire fait état de 9 morts et 2750 blessés dont 250 dans un état critique.
Selon le ministre libanais de la Santé, la plupart des blessées l’ont été "au visage, à la main, au ventre et même aux yeux." Parmi les tués figurent les fils de deux députés du Hezbollah.
Des bipeurs piégés
Le Hezbollah avait demandé à ses membres d’utiliser ces bipeurs plutôt que leur téléphone portable pour justement échapper à la surveillance israélienne et donc à de possibles attaques.
Selon des informations obtenues par le New York Times, Israël aurait dissimulé des matières explosives dans le dernier lot de bipeurs commandé par le Hezbollah. Les 3.000 engins en question auraient dans le même temps été programmés pour émettre un signal sonore pendant plusieurs secondes avant d'exploser.
Mercredi matin, l'entreprise taïwanaise citée par le journal américain, Gold Apollo, nie formellement avoir fabriqué ces bipeurs et qu'ils ont été produits et vendus par son partenaire hongrois BAC.
En vertu d'un accord de coopération, nous autorisons BAC à utiliser notre marque pour la vente de produits dans certaines régions, mais la conception et la fabrication des produits sont de l'unique responsabilité de BAC", a indiqué dans un communiqué Gold Apollo.
Israël est "entièrement responsable" pour le Hezbollah
Pour le groupe chiite, il ne fait aucun doute qu’Israël est derrière cette attaque. Le gouvernement libanais, dénonce, lui aussi, une "agression israélienne".
Israël ne fait aucun commentaire. Les États-Unis, pour leur part, affirment n'être ni impliqués ni avoir été informés à l'avance. Réagissant aux informations selon lesquelles l'ambassadeur de Téhéran figure parmi les blessés, le porte-parole de la diplomatie américaine appel à l’Iran à la retenue:
"Nous exhortons l'Iran à ne pas se servir du moindre événement pour tenter d'alimenter l'instabilité et d'aggraver encore les tensions dans la région. Tel est le message que nous adressons à l'Iran depuis le 7 octobre. "
L’ONU juge cette escalade "extrêmement inquiétante" et appelle les parties concernées à je cite "s’abstenir de toute nouvelle action (…) qui pourrait déclencher une conflagration plus large ".
Quelles conséquences?
L’organisation a déjà prévenu: Israël recevra "son juste châtiment" mais nul ne sait quand ni comment. L’humiliation est immense pour le Hezbollah. Selon un responsable, il s’agit là de la "plus grande faille" en termes de sécurité jamais subie.
Ces derniers mois, le Hezbollah et l'Iran s’en sont tenus à des offensives et des réponses calibrées. L'assassinat en août à Téhéran du chef du bureau politique du Hamas, Ismaïl Haniyeh, n'a à ce jour toujours pas provoqué riposte.
Un conflit régional forcerait les États-Unis à intervenir aux côtés d'Israël. Ce matin, à l’aube, le secrétaire d'État américain est arrivé au Caire. Antony Blinken entend faire pression pour un cessez-le-feu à Gaza. C’est sa 10e visite dans la région depuis le début de la guerre et cette fois, indique son équipe, il ne se rendra pas en Israël.













