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Etats-Unis : WeChat et AliExpress sur la liste noire de la contrefaçon

BFM Business VG avec AFP
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Les marchands chinois passent de façon plus régulière par les réseaux sociaux pour vendre leurs produits contrefaits, indiquent les autorités américaines

Washington resserre la vis sur certaines plateformes chinoises. WeChat, réseau social dominant en Chine, et AliExpress, plateforme de vente au détail, ont été placés pour la première fois sur la liste noire américaine des "marchés notoirement réputés" pour vendre des biens contrefaits et enfreindre les droits de la propriété intellectuelle.

L'an passé, les Etats-Unis ont répertorié "42 marchés en ligne et 35 marchés physiques qui se livreraient à, ou faciliteraient une importante contrefaçon de marques ou un piratage de droits d'auteur", ont indiqué jeudi les services de Katherine Tai, la représentante américaine au Commerce (USTR), dans un communiqué accompagnant un rapport d'une cinquantaine de pages.

Bien que l'inscription sur cette liste noire n'entraîne pas d'amendes, elle ternit la réputation des sites ou des pays qui y sont pointés du doigt.

Travail forcé

Le géant chinois du numérique Tencent, propriétaire de WeChat, a indiqué vendredi être en "profond désaccord avec la décision", arguant que la lutte contre la contrefaçon est "au coeur" de son activité.

"Nous surveillons activement les violations, les décourageons et agissons en conséquence sur toutes nos plateformes", a souligné l'entreprise, disant "continuer à améliorer" ses systèmes et ses technologies pour débusquer les produits litigieux.

"La Chine est le principal pays d'origine des produits contrefaits saisis par le service des douanes et de la protection des frontières des Etats-Unis", estiment les auteurs du rapport de l'USTR. Ils dénoncent en outre le fait que ce pays produise "le plus grand nombre de marchandises fabriquées en utilisant le travail forcé (illégal), y compris du travail forcé orchestré par l'Etat" et le travail des enfants.

"Le commerce mondial de produits contrefaits et piratés sape l'innovation et la créativité des Etats-Unis et nuit aux travailleurs américains", a réagi de son côté l'ambassadrice Katherine Tai citée dans le communiqué. De plus, ce commerce illicite accroît "la vulnérabilité des travailleurs impliqués dans la fabrication de produits contrefaits aux pratiques de travail abusives", poursuit-elle.

"Liens cachés"

Enfin, les produits contrefaits peuvent poser des risques pour la santé et la sécurité des consommateurs, souligne le rapport de l'USTR. Celui-ci fait en particulier référence aux équipements de protection contre le Covid-19.

Des produits censés protéger contre le virus "ont été signalés comme étant fabriqués dans des conditions non stériles, y compris dans des ateliers de misère autrefois utilisés pour fabriquer d'autres types de produits contrefaits", détaille-t-il.

S'agissant toujours de la Chine, les marchés en ligne Baidu Wangpan, DHGate, Pinduoduo et Taobao continuent d'être répertoriés sur cette liste noire, ainsi que neuf marchés physiques.

Aux côtés de la vente classique de parfums et vêtements contrefaits sur des marchés ou à la sauvette, USTR relève une tactique "de plus en plus populaire" auprès des vendeurs en ligne de produits contrefaits.

Celle-ci consiste à utiliser des "liens cachés". Un vendeur fait la publicité d'un produit sur une plateforme de médias sociaux ou un hébergement comme Yupoo (version chinoise de Pinterest), où des catalogues complets de produits contrefaits peuvent facilement être trouvés dans des galeries d'images ou des dossiers.

"La publicité contiendra souvent des informations sur le produit tel que son prix et un moyen de se connecter avec le vendeur pour discuter des détails sur la façon d'acheter le bien contrefait", explique aussi l'USTR.

Sur une note plus positive, l'USTR a relevé les efforts de certains pays en matière de lutte contre la vente de produits contrefaits, citant notamment la Thaïlande, le Brésil et les Emirats Arabes Unis.