BFM Business

Le salaire des patrons de plus en plus contesté par les actionnaires

BFM Business Thomas Leroy avec Stéphane Pedrazzi
Le quartier de La Défense

Le quartier de La Défense - dr

Lors des assemblées générales, les votes négatifs concernant la rémunération des dirigeants ont bondi de 18% par rapport à l’an dernier, selon le cabinet Georgeson.

La fronde est timide mais elle gagne en partisans. Selon le cabinet Georgeson, la rémunération des patrons est de plus en plus contestée dans les assemblées générales des entreprises européennes.

Dans son nouveau rapport, Georgeson évalue le nombre de résolutions ayant fait l'objet d'une dissidence "significative", c'est-à-dire s'il est contestée par au moins 10% du total des voix.

Et clairement, ce sont les questions de rémunération qui provoquent le plus de critiques. Elles ont ainsi bondi de 18% par rapport à l’an dernier.

Et pour une fois, les Français ne sont pas les plus frondeurs. Parmi les 7 plus grands pays européens, c’est en Espagne que l’opposition aux salaires des patrons est la plus forte: plus de 60% des résolutions concernant leur rémunération ont reçu au moins 10% de votes négatifs cette année. C’est pratiquement un tiers de plus que l’an dernier.

Le calcul des bonus dans le viseur

La Suisse arrive en deuxième position du classement. Quant à la France, elle arrive à la troisième place du classement avec plus de 40% de résolutions négatives, soit un peu plus que l'an dernier.

Principale raison de la colère : les règles de calcul des bonus. Certaines entreprises les ont modifiés afin de maintenir (ou d’augmenter) la rémunération dans un contexte de dégradation des résultats des entreprises en 2020, du fait de la crise sanitaire.

Le sujet est surveillé de près par les grands fonds d’investissement. BlackRock a rejeté cette année un tiers des résolutions concernant la rémunération des patrons européens contre un quart l’an dernier.