EDF présente un "plan d'actions" pour faire face à ses difficultés

EDF a annoncé vendredi un "plan d'actions" pour faire face à ses difficultés, avec un projet d'augmentation de capital d'environ 2,5 milliards d'euros et un plan de cessions de 3 milliards d'euros au total jusqu'en 2024.
Le groupe, détenu à près de 84% par l'État, a vu son bénéfice net multiplié par 8 l'an dernier à 5,1 milliards d'euros. Mais "nous rencontrons des difficultés depuis le début 2022", ce qui nécessitera "un plan d'actions", a indiqué le PDG Jean-Bernard Lévy.
L'énergéticien a prévenu qu'il serait lourdement affecté cette année par une production nucléaire en berne et par les mesures du gouvernement pour limiter la hausse des factures d'électricité.
L'Etat va participer
L'Etat participera à hauteur de 2,1 milliards d'euros à la recapitalisation, a annoncé sur RTL le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Cette somme correspond à la part de 83,9% de l'Etat dans EDF.
"Cette opération n'a rien à voir avec une nationalisation, qui a à voir avec la structure de l'entreprise. Ce n'est que de l'argent à destination de l'entreprise, et un message adressé aux investisseurs privés pour leur dire de continuer à financer EDF parce qu'EDF a le soutien de l'Etat", a souligné le locataire de Bercy.
Bercy injectera de quoi compenser en partie les frais engendrés par le blocage des prix de l'énergie. L'exécutif avait décidé d'augmenter la part de son électricité revendue à un tarif préférentiel à ses concurrents, suivant le dispositif nommé Arenh (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique. 40% de sa production électrique en 2022 sera ainsi vendue à des tarifs inférieurs au prix du marché, induisant une perte chiffrée 8 milliards d'euros par EDF.
Les pannes dans le nucléaire posent problème
Par ailleurs, le groupe souffre cette année d'une production nucléaire en berne, avec notamment des problèmes de corrosion sur plusieurs réacteurs. Un manque à gagner de l'ordre de 11 milliards, cette fois.
Avec une dette nette de 43 milliards d'euros à la fin de l'année dernière, le groupe devra en outre faire face à d'importants investissements. Le président Emmanuel Macron vient notamment d'annoncer son intention de construire 6 réacteurs EPR en France, avec des études pour 8 supplémentaires.











