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Comment Pôle Emploi va augmenter le contrôle des chômeurs

BFM Business Valentin Grille
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Pressée par le gouvernement de plus contrôler pour enrayer le chômage de longue durée, l’agence va contrôler de façon plus simple, a annoncé son directeur général Jean Bassères.

Faire plus avec autant de moyens: c’est en substance la mission qu’a assigné Elisabeth Borne à Pole Emploi en réclamant 25% de contrôles en plus en 2022, soit 250 000 vérifications supplémentaires. Dans un entretien accordé au Parisien ce lundi, le directeur général de Pôle Emploi, Jean Bassères, a détaillé la méthode choisie pour tenir la cadence.

"Habituellement, le contrôle remontait sur la recherche d’emploi des douze derniers mois. Là, il se fera sur les trois derniers mois. Cela simplifiera les démarches de justification du demandeur d'emploi et diminuera la durée du contrôle."

Les contrôles supplémentaires devront être réalisés dans un délai de six mois, explique Jean Bassères. Sans que Pole Emploi ne s'appuie sur des renforts: "Nous mobilisons un dispositif qui existe déjà, qui est exercé par 600 agents spécialisés dans le contrôle".

Filières en tension

Les contrôles s'effectueront "essentiellement des personnes qui recherchent un travail dans des métiers en tension". Dans ces secteurs (restauration, hôtellerie, bâtiment, logistique), le gouvernement estime que 300.000 offres ne sont durablement pas pourvues.

Le reste des vérifications proviendra des agences elles-mêmes, lorsqu'elles signaleront un profil en particulier, à la suite par exemple d'un entretien d'embauche où ne se rendrait pas un demandeur d'emploi. Des contrôles aléatoires auront aussi lieu.

"Pas une machine à radier"

Jean Bassères cherche en outre à rassurer, sur les risques de radiation pour les demandeurs d'emploi contrôlés.

"Le nombre de radiations totales issues du contrôle de la recherche est faible: Pole Emploi n'est pas une machine à radier. Son ambition est de réinsérer"

Le premier manquement pourrait tout de même valoir une radiation d'un mois et une suspension de l'allocation pendant ce laps de temps. Aujourd'hui, la loi prévoit que le refus "à deux reprises d’une offre raisonnable d’emploi" puisse recevoir cette sanction. Dans la pratique, les autorités patronales dénoncent une règle difficile à appliquer.