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Coronavirus: Xavier Bertrand dénonce "l'attitude inqualifiable" de certains assureurs "bien cachés"

BFM Business P.L. avec AFP
Xavier Bertrand

Xavier Bertrand - BFMTV

Invité de BFM Politique ce dimanche, le président de la région Hauts-de-France a appelé le gouvernement à "obtenir des assureurs qu'ils financent réellement une bonne part des pertes d'exploitation" des restaurateurs. Faute de quoi, il suggère de les taxer.

Le président ex-LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand s'en est pris ce dimanche aux assureurs "bien cachés depuis le début de la crise" du Covid-19, estimant sur BFMTV qu'ils devaient participer "à l'effort de guerre" pour indemniser les secteurs économiques les plus touchés.

"Où est l'effort de guerre des assureurs?", s'est interrogé dans BFM Politique le potentiel candidat à la présidentielle de 2022, et qui fut lui-même agent d'assurance avant de se lancer en politique. "Sur toutes ces questions d'indemnisations, pour que ce soit pas seulement de l'argent public, il va falloir aussi aller chercher ceux qui sont bien cachés depuis le début de la crise: les assureurs", a-t-il affirmé.

Il a dénoncé "l'attitude inqualifiable" de certains assureurs qui a été de dire "à des commerçants, à des indépendants et notamment des restaurateurs que 'non, vous n'êtes pas couverts', et de s'assurer en plus qu'il y ait des avenants au contrat pour 2021, pour écrire noir sur blanc qu'il n'y a pas le risque pandémique et pour éviter des recours en justice".

Bertrand suggère une taxation des assureurs

Pour lui, le gouvernement doit "obtenir des assureurs qu'ils financent réellement une bonne part des pertes d'exploitation de ce secteur". A défaut, "il faudra faire voter au parlement en urgence une taxation" de ce secteur, a-t-il demandé. Accusé en début d'année de ne pas en faire suffisamment pour soutenir l'économie, les assureurs font face à une nouvelle vague de critiques autour de la réécriture de certains de ses contrats.

La Fédération française de l'assurance explique que ces avenants visent uniquement à clarifier le champ des couvertures en excluant explicitement une telle crise de certains contrats trop flous.

Lors d'une audition devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale mercredi, la patronne de ce lobby de l'assurance, Florence Lustman, a pour sa part pointé du doigt un amendement déposé ces derniers jours au Sénat, visant à instaurer une contribution exceptionnelle de 2% sur les primes versées au titre des contrats d'assurance dommage et qui représenterait une charge de "1,2 milliard" d'euros pour le secteur, selon elle.