L'endive menacée par la crise de l'énergie

La crise de l'énergie menace le chicon du Nord. Les 400 producteurs français d'endives, concentrés à 95% dans les Hauts-de-France, s'inquiètent de la flambée des prix de l'énergie. Les racines d'endives sont actuellement récoltées dans les champs, avant d'être remises en culture dans des salles obscures pour faire sortir les feuilles. Mais, pour être consommées toute l'année, les racines sont stockées dans d'immenses réfrigérateurs entre la récolte et la mise en culture.
"On a besoin de refroidir ces racines une fois qu'on les récolte" pour pouvoir "les conserver tout au long de la saison", explique Philippe Brehon, producteur d'endives dans le Pas-de-Calais et président du syndicat des endiviers, au micro de BFMTV.
Ces immenses réfrigérateurs, très énergivores, fonctionnent 24 heures sur 24 et 365 jours par an pour maintenir la température à 0 degré. Dans le contexte énergétique actuel, la facture est très salée: Philippe Brehon assure avoir reçu de l'un de ses fournisseurs une proposition à plus d'un million d'euros pour son approvisionnent en 2023. "On est très inquiet" et "on n'arrive pas à signer le contrat" car "ce n'est pas possible" de le faire, souligne-t-il.
"On attend que l'État se réveille"
"On attend vraiment que l'État se réveille et qu'il nous aide, parce que l'aide qu'il nous a proposé n'est pas suffisante", souligne le producteur, assurant que la survie de son entreprise est en jeu. "On a des gros investissements sur le dos, on ne peut pas arrêter comme ça du jour au lendemain", craint Philippe Brehon, citant des producteurs qui ont déjà jeté l'éponge depuis le début de l'année, la crise de l'énergie s'ajoutant à la sécheresse.
Les salariés, eux, s'inquiètent. "C'est une situation très dramatique pour nous, parce que nous sommes 43 salariés dans cette entreprise, avec des niveaux familiaux différents. S'il y a un projet de fermeture par la suite, ce sera très compliqué pour certains d'entre nous de retrouver du travail", note Cathy, employée de l'endiverie, rappelant que "certaines personnes sont âgées de 50 à 60 ans". "Nous pensons aussi à nos enfants qui sont derrière nous", explique-t-elle.
En bout de chaîne, ce sont aussi des conséquences pour les consommateurs: le prix de l'endive a déjà un peu augmenté dans les supermarchés.











