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A quoi sert le Next 40 des meilleures start-up françaises?

BFM Business Frédéric Bianchi , Journaliste BFM Éco
Le next 40

Le next 40 - BFMTV

Alors que vient d'être dévoilée la liste des start-up françaises des Next 40/120, les entreprises sélectionnées se félicitent du coup de projecteur que cette sélection leur donne.

Le nom ressemble au Cac 40 mais ça rien à voir. Le Next 40 (et 120 avec la liste élargi) est une sélection faite chaque année par les promoteurs de la French Tech avec le secrétariat au Numérique. Il ne s'agit pas d'un indice boursier comme le Cac, simplement un label de qualité et un pari sur l'avenir.

Dévoilée en grande pompe par Cédric O ce lundi, cette liste n'est pourtant pas qu'un simple gadget marketing. Si les start-up présentes dans cette liste bénéficient d'avantages pour les formalités administratives comme un guichet unique pour les douanes ou pour l'Urssaf, le Next 40/120 c'est bien plus que ça.

C'est en tout cas ce qu'assurent les fondateurs et fondatrices de start-up qui espèrent chaque année en être et craignent d'en sortir.

"Le but c'est de les faire sortir du statut de start-up, assure le secrétaire d'Etat au Numérique. Ce sont des ETI qui créent de la valeur, de l'emploi et il faut les faire sortir de la confidentialité."

Car le premier intérêt du classement c'est de procurer de la visibilité aux entreprises qui en font partie. Notamment pour attirer des talents. Les dirigeants de start-up reconnaissent qu'ils reçoivent plus de CV et notamment plus de CV qualifié une fois qu'ils font partie du Next 40/120.

Une boussole à l'international

La visibilité aussi auprès des investisseurs et des clients potentiels. C'est ce qu'a constaté Corentin Trosseille, le fondateur d'Alan, une start-up spécialisée dans l'assurance complémentaire santé et qui reconnaît avoir fait deux nuits d'insomnie avant la révélation du nouveau classement.

"Ca donne une visibilité pour signer avec des grands comptes, ça les rassure, reconnaît-il. Nous assurons aujourd'hui 150.000 personnes contre 65.000 personnes il y a un an."

Les grands investisseurs internationaux scrutent aussi ce classement de près. Alors que l'écosystème français a levé 5,4 milliards d'euros en 2020 (un record), plus de 3 milliards d'euros l'ont été par les entreprises du Next 40/120. C'est pour les fonds internationaux une sorte de boussole pour repérer les entreprises à fort potentiel.

"Nous ça nous a aidé à faire une levée de fonds de 112 millions d'euros en 2020 auprès de Tencent et d'Accel qui est un des fonds les plus importants de la Silicon Valley, assure Cyril Chiche, le fondateur de l'application de transfert d'argent Lydia. Ces investisseurs internationaux regardent qui dans cette liste."

"Chasser en meute"

Un label qui permet aussi d'être plus puissant et de chasser en meute. Ainsi lorsque le président Macron fait un voyage diplomatique en Chine, il amène avec lui des patrons de start-up et c'est dans cette liste qu'il va piocher les noms. Si prises séparément, ces start-up n'ont pas encore l'aura de grands groupes français internationaux, ensemble elles pèsent déjà 9 milliards d'euros en termes de chiffre d'affaires.

Et selon les startuppers, l'Etat joue un rôle dans la promotion de cet écosystème.

"Ca a été essentiel pour nous le financement public de l'Ademe et de BPI France, reconnaît Aude Guo, la fondatrice de Innova Feed, une entreprise spécialisée dans la nourriture animale à base d'insectes. L'Etat a financé l'innovation et maintenant c'est le secteur privé qui prend le relai."

Restent deux sujets sur lesquels progresser. Une meilleure coordination entre le Next 40 et le Cac 40, autrement dit un meilleur soutien des grandes entreprises françaises parfois encore frileuses à investir dans les start-ups. Et un soutien renforcé de l'Etat à travers la commande publique comme le font les Etats-Unis.

"C'est un sujet où on doit progresser, reconnaît Cédric O. Ca se débloque chez les grands groupes et ça doit accélérer du côté de l'Etat. Nous avons su travailler avec Doctolib et Mirakl durant la pandémie par exemple. Mais on ne sera jamais les Etats-Unis, on n'aura jamais la Darpa (NDLR. l'agence américaine pour les projets de Défense), on ne pourra pas créer à partir de la France des géants internationaux."