6/11

Sambre

Débutée en 1986 et vendue à plus d’un million d’exemplaires, la série Sambre d’Yslaire s’achève. En attendant la fin, prévue pour fin 2019, le dessinateur publie Celle que mes yeux ne voient pas…, huitième tome de cette tragique saga familiale située au XIXe siècle. “La tragédie est ce qui nous rassure. Elle nous prépare à la réalité et nous montre qu’il y a pire: la mort nous empêche d’avoir peur de la folie”, raconte Yslaire, qui a décidé de commencer son récit par la fin et la mort d’un de ses personnages principaux, Bernard-Marie. “La fin est inéluctable, nous le savons tous, la question est de savoir comment [on y arrive].” Sambre est aussi une histoire d’amour: l’adolescent frêle passionné d’entomologie et de photographie spirite meurt en retrouvant sa fausse jumelle Judith, devenue courtisane puis actrice de théâtre à la capitale.
Leur destin ainsi noué permet à Yslaire de dresser un portrait de la société française au XIXe siècle: “Quel est l’espoir pour une fille qui naît dans un orphelinat? Quand on voit la réalité de cette fille, on n’est pas étonné que la moitié finissait dans la prostitution.” Il ajoute: “C’est assez fascinant de rentrer dans cette époque, de parler de la prostitution, et de voir que les gens ne pensaient pas du tout la même chose qu’aujourd’hui. Avant, on n’était pas plus con que maintenant. On a des idées différentes, elles ne sont pas pires. C’est intéressant de se pencher sur des sujets somme toute assez éternels qui ne vont pas trouver de solution.” C’est aussi le propre de l’Art de tendre à son lecteur un miroir déformant de sa réalité.
Sambre, tome 8, Celle que mes yeux ne voient pas…, Glénat, 72 pages, 17,50 euros.

Glénat

Noël: des idées cadeaux pour les fans de BD