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Les impressionnistes en BD

Après la musique et la photographie, Néjib s’intéresse dans son nouvel album, Swan, à la peinture et plus précisément à la naissance de l’art moderne et de l’impressionnisme. Le récit, qui se déroule dans un Paris en pleine reconstruction, se distingue par sa violence et sa cruauté: “L’ancien monde n’est plus supportable tout comme l’ancienne manière de peindre et de vivre”, dit le dessinateur. Celui-ci se penche sur les parcours de Degas, de Manet et d’une peintre américaine venue en France, Swan, qu’il a inventé pour "montrer comment il fallait se battre au quotidien pour s’imposer dans le milieu des peintres".
Paris est alors un "vieux dragon endormi”: “Avec le Second Empire, la bourgeoisie s’installe et amène une régression. C’est une société très fermée, qui édicte de nouvelles règles, très dures envers les femmes. Non pas qu’elles aient été faciles avant, mais au début du siècle, il y avait beaucoup plus de femmes qui apprenaient la peinture et un tiers des ateliers était dirigé par des femmes.” Parallèlement à l’art moderne qui se crée, Néjib met en scène un Paris en pleine reconstruction et l’émancipation d’une femme. Son trait, tout en souplesse, lui permet ainsi de "montrer, contrairement aux photographies très statiques de l’époque, que la société [française] bouge alors beaucoup comme aujourd’hui New York et Shanghaï.”
Swan, tome 1, Le buveur d'absinthe, Néjib, 22 euros.

Gallimard

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