11/11

La réalité virtuelle vue par Boulet

2018, année de la réalité virtuelle. Après Ready Player One de Spielberg et la BD Alt-Life de Thomas  Cadène et Joseph Falzon, Boulet et Aseyn se lancent à leur tour. Et il leur suffit de deux mots pour captiver le lecteur: Bolchoi Arena. “Le titre vient du Bolchoi, pas le ballet, mais le simulateur d'univers des soviétiques”, précise le dessinateur Aseyn. “Boulet s'est approprié cette création et l'a transposée dans un futur très proche, où c'est devenu une espèce d'internet incarné.” L’auteur des Notes avait depuis longtemps cette idée en tête. Conscient “que son style ne conviendrait pas à l'histoire”, il a préféré laisser carte blanche à Aseyn, dont le trait réaliste, fusion entre les bd japonaise et occidentale, traduit à merveille les émotions ressenties par leurs héroïnes Marje et Dana.
Pour imaginer ce monde virtuel, Aseyn s’est inspiré des univers très marqués des mangakas Katsuhiro Otomo (Akira), Masamune Shirow (Ghost in the Shell) ou encore Satoshi Kon (Paprika): “Il y a tellement de fraîcheur et de force, de douceur et de violence chez ces artistes, je me demande comment ils font pour mettre tout ça dans leurs dessins.” C’est ce mélange qu’il a essayé de retranscrire dans son dessin et surtout ses couleurs, en travaillant “par atmosphère plus que dans le détail”: “J'aime les tons doux, pastel, mais je ne voulais pas endormir mon dessin. Ni l'étouffer.” Il s’est donc contenté de “colorier la lumière”, offrant à cette série prévue en trois tomes un look irréel.
Bolchoi Arena, tome 1, Caelum incognito, Boulet (scénario) et Aseyn (dessin, couleur), Delcourt, 23,95 euros.

Delcourt

Noël: des idées cadeaux pour les fans de BD