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La fin du monde

Depuis 2015, Chauzy met en scène la fin du monde. Intitulée Le Reste du monde, cette série post-apocalyptique se déroule dans les Pyrénées, dans une France dévastée par un cataclysme naturel. Une femme et ses enfants doivent apprendre à survivre dans un monde devenu hostile. Dans le troisième tome, Les Frontières, les enfants sont seuls. Après avoir réalisé des polars urbains, Chauzy dessine de grandes doubles pages où paysages montagneux et cimetières de bateaux et de chars d’assaut trônent en majesté. Les personnages, minuscules, semblent livrés à eux-mêmes. Chazy évoque la crise des migrants et le mur mexicain de Donald Trump, mais inverse la situation: ce sont aux Occidentaux que la frontière est désormais fermée. L’album est plus violent, plus désespéré que le reste de la série.
Dès les pages de garde, Chauzy met en garde son lecteur avec une peinture à l’aquarelle représentant des éclaboussures de sang: “C’est une flaque qui résume assez bien l’ambiance pouilleuse, poussiéreuse, dégueulasse, sanguinolente de la série. Je parle d’une catastrophe importante. Quand on n’a plus rien à boire et à manger, qu’il n’y a plus de sources d’énergie… ça dérape assez vite”, dit le dessinateur, qui s’est notamment inspiré de La Route de Cormac McCarthy et confie avoir glissé des détails autobiographiques dans ses personnages. “C’est une fiction, mais elle accompagne la manière dont je vois le monde se barrer en sucette sans qu’on y fasse rien.” Les doubles pages sur les cimetières de bateaux, immersives, procèdent de ce sentiment-là: “C’est un peu la beauté du désastre”.
Le Reste du monde, tome 3, Les Frontières, Jean-Christophe Chauzy, Casterman, 112 pages, 18 euros.

Casterman

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