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Negalyod

Vincent Perriot a toujours aimé inventer des mondes. Pour imaginer Negalyod, récit d’un berger voulant venger la mort de son troupeau de dinosaures, il s’est inspiré de la méthode de travail de Jean Giraud. Ce monument, connu également sous le nom de Moebius, est en effet passé maître dans l’art d’improviser des histoires complexes et de faire émerger, au fur et à mesure de l’intrigue, ses personnages et “de les faire errer, voyager…” Comme le dessinateur de Blueberry et de L’Incal, Vincent Perriot s’est lancé dans “une sorte d’improvisation contrôlée”, “une espèce de magma d’idées” où se croisent des souvenirs de Mad Max et des références plus ou moins évidentes à l’actualité: “J’ai écrit au fur et à mesure. Lorsque me viennent des situations, je les dessine, un peu de façon nébuleuse, et ensuite je les peaufine et les incruste dans l’histoire.”
S’il a conçu l'album seul, il a laissé le soin à sa coloriste Florence Breton d’animer ce monde fait de vastes étendues désertiques et de mégalopoles déshumanisantes. “J’ai beaucoup appris du regard qu’elle a porté sur le monde que j’ai construit.” Elle lui a donné “de la profondeur, de la lumière” en utilisant notamment le bleu, une couleur souvent associée au ciel et à la mer, à l’idée de liberté et d’ouverture, comme le symbole d’un univers étouffant et oppressant. Une manière de faire comprendre que ce monde n’est pas si étranger au nôtre: “il ne s’agit pas forcément d’anticiper un futur possible, mais de se questionner sur ce qu’il pourrait être.”
Negalyod, Vincent Perriot, Casterman, 208 pages, 25 euros.

Casterman

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